Trois jours après une série d’attaques coordonnées d’une rare intensité, le président de transition Assimi Goïta est sorti de son silence. Dans une adresse à la nation diffusée sur l’ORTM, le chef de l’État a assuré que « la situation est maîtrisée », tout en reconnaissant sa gravité.
Ces attaques, attribuées au JNIM, allié au Front de libération de l’Azawad, ont fait au moins 23 morts selon un bilan provisoire. Elles ont ciblé des positions stratégiques, révélant la capacité de nuisance persistante des groupes armés dans un pays en crise depuis plus d’une décennie.
Face à cette offensive, Assimi Goïta a appelé à un « sursaut national », invitant les Maliens à faire preuve de lucidité plutôt que de céder à la panique. Mais sur le terrain, les signaux restent préoccupants. La ville de Kidal est passée sous contrôle rebelle, tandis que des replis tactiques de l’armée ont été signalés dans la région de Gao.
Dans ce contexte tendu, la coopération militaire avec la Russie demeure un axe central. Reçu à Bamako, l’ambassadeur Igor Gromyko a réaffirmé le soutien de son pays dans la lutte contre le terrorisme. Pourtant, même du côté russe, la situation est jugée « difficile », notamment après le retrait de paramilitaires de la zone de Kidal.
À Bamako, l’inquiétude grandit également face à la menace d’un blocus évoqué par les jihadistes. Si son effectivité reste incertaine, cette annonce illustre la stratégie de pression engagée par les groupes armés, dont l’objectif semble davantage orienté vers le contrôle du Nord que vers une prise de pouvoir immédiate.
Entre discours de fermeté et réalité du terrain, le Mali continue de naviguer dans une zone de fortes turbulences sécuritaires.
