Le doute n’aura duré que quelques jours. Depuis les attaques coordonnées du 25 avril 2026 ayant visé plusieurs localités stratégiques du Mali, dont Kati, Bamako, Mopti, Gao et Kidal, l’absence médiatique du chef de la Transition avait alimenté les spéculations. Sur les réseaux sociaux notamment, des rumeurs persistantes évoquaient un Assimi Goïta blessé, voire évacué d’urgence vers le Niger.
Sa sortie officielle, lundi 28 avril, a donc fait l’effet d’un démenti sans équivoque.
Le président de la Transition, également chef suprême des armées, s’est d’abord rendu au Centre hospitalier universitaire Bocar Sidi Sall de Kati. Sur place, il est allé au chevet des blessés civils et militaires, saluant leur courage et adressant ses encouragements au personnel soignant mobilisé depuis les attaques. Une présence sobre mais hautement symbolique, destinée à témoigner de la solidarité nationale dans un contexte de forte tension.
Accueilli par la ministre de la Santé et du Développement social, le colonel-major Assa Badiallo Touré, Assimi Goïta a échangé avec les équipes médicales, insistant sur la nécessité d’une prise en charge optimale des victimes.
Dans un second temps, le chef de l’État s’est rendu au domicile du général de corps d’armée Sadio Camara, tombé lors des combats. Face à la famille endeuillée, il a exprimé ses condoléances et salué la mémoire d’un officier engagé pour la défense de l’intégrité territoriale. Il a surtout tenu à rassurer : le combat mené par le défunt se poursuivra.
Au-delà de la portée protocolaire de ces déplacements, c’est bien leur dimension politique et symbolique qui retient l’attention. En apparaissant publiquement, Assimi Goïta coupe court aux rumeurs sur son état de santé et réaffirme son autorité à la tête de l’État, à un moment où le pays fait face à une offensive d’ampleur inédite.
Dans un contexte sécuritaire fragilisé, cette réapparition vise aussi à restaurer la confiance, tant au sein de l’opinion que dans les rangs des forces armées. Elle rappelle enfin que, malgré les coups portés, le pouvoir entend garder la main et poursuivre la lutte contre les groupes armés qui déstabilisent le pays.

