Une vision structurée autour de trois axes
Dans son discours, Djibril Ouattara a détaillé les grandes lignes de son action pour l'année. Le développement d'un « écosystème numérique performant » figure en tête de liste. Cela passe par une couverture numérique renforcée du territoire et par un accès élargi à des contenus adaptés pour tous les citoyens. L'objectif est de réduire la fracture numérique et de permettre à chaque Ivoirien, où qu'il se trouve, de bénéficier des opportunités offertes par le digital. Le ministre a également insisté sur la transformation de la Poste, un chantier structurel qui devrait moderniser en profondeur cet opérateur historique. L'idée est de l'adapter aux nouveaux usages et d'en faire un acteur moderne du service public. Troisième axe majeur : la création d'un modèle administratif numérisé au service des populations. La dématérialisation des procédures administratives, plusieurs fois annoncée, doit enfin devenir une réalité concrète pour les usagers. Un chantier complexe, qui touche à l'organisation même de l'administration et aux habitudes de travail des agents. Conscient que ces transformations ne pourront se faire sans l'adhésion de tous, Djibril Ouattara a lancé un appel à la mobilisation générale. « C'est dans l'unité et dans la solidarité que nous construirons les résultats attendus par nos concitoyens », a-t-il déclaré, invitant l'ensemble des acteurs à unir leurs efforts. Une manière de rappeler que la transition numérique n'est pas l'affaire du seul ministère, mais qu'elle implique l'ensemble de la chaîne administrative, des structures sous tutelle jusqu'aux agents sur le terrain.
Les attentes du personnel et des structures sous tutelle
Prenant la parole après le ministre, l'inspecteur général Koné Famaria a tenu un discours en deux temps. Il a d'abord félicité Djibril Ouattara pour sa nomination à la tête du département, avant de plaider pour une amélioration des conditions de vie des agents. Un sujet récurrent dans la fonction publique ivoirienne, qui touche à la motivation et à l'efficacité du personnel. Le directeur général de l'ARTCI, Lakoun Ouattara, s'exprimait au nom des structures sous tutelle. Il a transmis les vœux du personnel et salué la nomination du ministre par le président Alassane Ouattara. « Nous vous assurons de notre appui et de notre entière collaboration afin de vous accompagner dans la réussite de votre mission », a-t-il assuré, engageant ainsi les organismes placés sous la supervision du ministère à soutenir pleinement l'action du ministre.
La cérémonie a également permis de mesurer l'attente du secteur privé. Gertrude Koné, directrice exécutive de l'UNETEL, l'association professionnelle des opérateurs télécoms, a souligné le rôle stratégique du numérique pour l'économie nationale. « Le numérique constitue un levier stratégique pour accélérer la croissance économique et construire une économie plus durable, inclusive et solidaire », a-t-elle déclaré. Une vision qui rejoint celle du ministre, et qui place la transformation digitale au cœur des priorités de développement du pays. Gertrude Koné a également insisté sur l'importance du partenariat public-privé dans la réussite de ces objectifs. Selon elle, des mesures incitatives sont nécessaires pour renforcer la contribution des entreprises locales à l'effort de transformation numérique. Un appel du pied aux pouvoirs publics, qui devront créer un environnement favorable à l'investissement et à l'innovation.
Une année charnière pour le numérique ivoirien
L'année 2026 s'annonce comme une période clé pour le secteur du numérique en Côte d'Ivoire. Avec une feuille de route claire et une équipe resserrée autour du ministre, les ambitions affichées sont à la hauteur des enjeux. Reste à transformer ces intentions en réalisations concrètes, sur le terrain, au bénéfice des citoyens. Les défis ne manquent pas. La couverture numérique du territoire reste inégale, avec des zones encore mal desservies. La transformation de la Poste implique des investissements lourds et une modernisation des compétences. La dématérialisation administrative se heurte encore à des résistances et à des difficultés techniques. Mais le ministre peut compter sur un écosystème mobilisé, des structures sous tutelle engagées et un secteur privé prêt à contribuer.
