Depuis 1956, le concours Miss Côte d’Ivoire fascine en révélant chaque année de jeunes femmes à la beauté rayonnante, à l’élégance affirmée et à l’engagement souvent discret. Mais au-delà des applaudissements et des projecteurs, une question demeure : que deviennent ces reines après l’éphémère couronnement ?
Ouvert aux Ivoiriennes âgées de 17 à 25 ans, le concours désigne chaque année l’ambassadrice de la beauté ivoirienne. Diffusé à la télévision dès 1985, l’événement existe pourtant depuis sa première édition, en pleine période coloniale. Certaines Miss parviennent à transformer l’essai et à bâtir une carrière solide ; d’autres s’éloignent peu à peu des radars médiatiques.
Entre gloire et oubli
Sous la houlette du COMICI depuis 1996, le concours est devenu un spectacle parfaitement orchestré. Chaque année, de février à mai, des présélections sont organisées à travers le pays et au sein de la diaspora, avant la grande finale à Abidjan.
Pourtant, malgré cette rigueur organisationnelle, la mémoire institutionnelle demeure fragile. Sur plus de 35 Miss élues depuis la relance moderne du concours, seules une dizaine disposent d’informations réellement actualisées. Le site officiel du COMICI se limite essentiellement aux photos des lauréates depuis 1996, sans véritable suivi de leurs parcours professionnels ou de leurs engagements.
Certaines utilisent leur couronne comme tremplin vers l’engagement social ou l’entrepreneuriat, à l’image de Jennifer Yéo avec « La caravane du cœur », ou de Marlène Kany Kouassi engagée pour l’autonomisation des jeunes filles. D’autres, confrontées au cyberharcèlement ou à la pression médiatique, choisissent la discrétion et le retour aux études.
Pourtant, malgré cette rigueur organisationnelle, la mémoire institutionnelle demeure fragile. Sur plus de 35 Miss élues depuis la relance moderne du concours, seules une dizaine disposent d’informations réellement actualisées. Le site officiel du COMICI se limite essentiellement aux photos des lauréates depuis 1996, sans véritable suivi de leurs parcours professionnels ou de leurs engagements.
Certaines utilisent leur couronne comme tremplin vers l’engagement social ou l’entrepreneuriat, à l’image de Jennifer Yéo avec « La caravane du cœur », ou de Marlène Kany Kouassi engagée pour l’autonomisation des jeunes filles. D’autres, confrontées au cyberharcèlement ou à la pression médiatique, choisissent la discrétion et le retour aux études.
Sur les traces de quelques pionnières
de la beauté ivoirienne
1956 – Marthe Niankoury
À seulement 15 ans, Marthe Niankoury devient la toute première Miss Côte d’Ivoire, en pleine période coloniale. Son visage juvénile incarne une identité culturelle en construction. Mariée à un footballeur, elle s’installe ensuite en France et mène une vie discrète. Son nom reste un symbole historique plus qu’une figure médiatique documentée.
1998 – Laeticia Flore Erika N’Cho
Miss Côte d’Ivoire 1998 et première dauphine Miss CEDEAO, Laeticia allie élégance et ambition. Diplômée en France, elle devient experte-comptable avant de fonder le Groupe Addict en 2016. Pendant plusieurs années, elle figure dans le Top 100 Choiseul Africa, démontrant que la couronne peut ouvrir la voie à une carrière d’exception.
2005 – Séry Djehi Marie Pierre Dorcas
Charismatique, Séry Djehi marque son époque. Après son sacre, elle se lance dans le mannequinat et traverse les feux médiatiques, notamment à travers son mariage puis son divorce avec l’international ivoirien Didier Zokora. Elle se reconvertit ensuite en entrepreneure en créant une pharmacie spécialisée en dermatologie. Résilience et créativité résument son parcours.
2008 – Murielle-Claude Nanié
Venue de la diaspora, diplômée en communication professionnelle, Murielle-Claude devient Miss Côte d’Ivoire et Miss CEDEAO en 2008. En 2009, elle est sacrée Miss FESPAM à Brazzaville. Puis, progressivement, le silence s’installe autour de son nom.
2013 – Aïssata Dia Malick
Miss Côte d’Ivoire 2013, Aïssata transforme la scène nationale en rampe internationale. Elle défile pour Balmain et Thom Browne et apparaît dans Vogue Arabia. Représentante à Miss World, elle incarne la Miss qui dépasse les frontières et impose une carrière dans la mode internationale.
2014 – Jennifer Yéo
Sacrée à Abidjan, Jennifer Yéo conjugue beauté et engagement. Étudiante en finance, elle crée « La caravane du cœur », un projet caritatif en faveur des enfants défavorisés. Mais les années 2024-2025 sont marquées par une grave dépression, rappelant que derrière la lumière des projecteurs se cachent parfois de profondes fragilités.
2016 – Esther Memel
Miss 2016, Esther Memel se distingue par sa discrétion et son sérieux académique. Diplômée en commerce et administration, elle représente la Côte d’Ivoire à Miss Monde à Washington. Son règne est marqué par l’élégance et la sobriété.
2017 – Mandjalia Gbané
À 21 ans, Mandjalia séduit par sa fraîcheur et son dynamisme. Étudiante en gestion commerciale, elle remporte une dotation de 10 millions FCFA et participe à Miss World 2017. Son sacre symbolise la jeunesse ambitieuse.
2018 – Suy Fatem
Première Miss ivoirienne à cheveux courts, Suy Fatem bouscule les codes esthétiques. Étudiante en communication, elle se lance après son règne dans l’entrepreneuriat dans la mode. Elle demeure un symbole d’audace et d’émancipation.
2020 – Marilyne Kouadio
Originaire de Yamoussoukro, Marilyne attire autant l’attention que la controverse. Étudiante en tourisme, elle choisit de se recentrer sur ses études après son règne. En 2025, elle fait ses débuts dans la série télévisée Maquisards, preuve qu’une Miss peut se réinventer.
2021 – Olivia Yacé
Olivia incarne la réussite internationale. Deuxième dauphine à Miss Monde 2022 et quatrième dauphine à Miss Univers 2025, diplômée en marketing aux États-Unis et à Londres, elle devient une ambassadrice du tourisme ivoirien. Son nom figure parmi les plus marquants de l’histoire récente du concours.
2022 – Marlène Kany Kouassi
Étudiante en droit privé lors de son sacre, Marlène s’engage pour l’éducation et l’autonomisation des jeunes filles. Cependant, ces dernières années, son nom s’est fait plus discret dans l’espace médiatique.
2023 – Mylène Djihony
Diplômée en communication, Mylène Djihony est sacrée en 2023. Après la perte de sa mère, elle traverse une période difficile marquée par la dépression, avant de retrouver progressivement confiance. Elle s’investit désormais dans la sensibilisation à la santé mentale et à l’autonomisation des jeunes filles, intervenant lors de conférences et collaborant avec des associations locales.
2025 – Fatima Koné
Originaire de Samatiguila, Fatima, étudiante en anglais et e-commerce, est élue à 23 ans après un parcours régional intense. Confrontée au cyberharcèlement, elle fait preuve de résilience et poursuit son mandat avec détermination, en attendant de transmettre la couronne à sa successeure.
Quand la mémoire devrait durer
La couronne ne dure qu’un an, mais la mémoire devrait être éternelle. Valoriser ces femmes, documenter leurs parcours et structurer un réseau d’anciennes lauréates permettrait de transformer Miss Côte d’Ivoire en véritable institution culturelle et sociale, au-delà des projecteurs.
Car derrière chaque sourire, chaque élégance et chaque sash scintillant, se cache un potentiel que l’histoire officielle peine encore à préserver.
Car derrière chaque sourire, chaque élégance et chaque sash scintillant, se cache un potentiel que l’histoire officielle peine encore à préserver.

