LE CONVOI DE LA DESTINÉE
Les pick-up noirs sont alignés.
Les gendarmes sont à bord, armes en main.
Ils avancent. Ils ne s’arrêtent pas. Ils ne reculent pas.
Voilà ta vie, mono.
AU DÉBUT, TU ES LA MOTO JAUNE LÀ-BAS
Petit. Seul. On te dépasse. On te klaxonne.
Les gens te regardent de haut quand tu dis : « Je prépare le concours de la gendarmerie ».
Ils rient aujourd’hui.
MAIS TOI, TU TRAVAILLES EN SILENCE
Tu révises pendant qu’ils dorment.
Tu pries pendant qu’ils s’amusent.
Tu encaisses pendant qu’ils se moquent.
Tu construis ton convoi.
LE 3 MAI, TU COMPOSES
Tu passes l’écrit.
Tu passes le sport.
Tu passes la visite médicale.
Et un jour, tout bascule.
CE SERA TOI DANS LE PICK-UP NOIR
Vitres teintées. Treillis impeccable. Béret rouge.
Tu traverses le même quartier où l’on s’est moqué de toi.
Et ceux qui riaient hier s’écartent aujourd’hui en disant : « Mon lieutenant ! ».
LEÇONS DU CONVOI, MONO
Un convoi ne démarre jamais à 100 km/h : tu commences petit, et c’est normal.
Un convoi n’abandonne personne : on avance ensemble, pas à pas.
Un convoi a une destination : la tienne, c’est l’École de gendarmerie d’Abidjan.
Un convoi finit toujours par se faire entendre : le jour de ta réussite, tout le quartier le saura.
ALORS, LE 3 MAI
Quand tu seras assis pour composer, ferme les yeux pendant trois secondes.
Imagine ce convoi.
Dis-toi que ta copie est ton carburant.
Chaque bonne réponse est un kilomètre de plus vers ton objectif.
TU N’ES PAS SEUL SUR LA ROUTE
Derrière toi, il y a ta mère, ton père, tes petits frères.
Ils attendent tous de voir ton convoi passer devant la maison.
LA VRAIE QUESTION, MONO
Veux-tu rester la moto que tout le monde dépasse ?
Ou veux-tu devenir le chef de convoi que tout le monde respecte ?
