Assalé Tiémoko Antoine a fait une réapparition très attendue sur la scène publique après une longue audition à la préfecture de police d’Abidjan, suivie d’une hospitalisation à l’Institut de cardiologie. Le samedi 2 mai 2026, le maire de Tiassalé a lancé la rentrée politique de son mouvement, Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), devant une foule nombreuse, mobilisée dès les premières heures du jour.
Dans une ambiance marquée par une forte ferveur militante, ses partisans vêtus de jaune, couleur du mouvement, ont envahi la place publique. L’élu local n’a pas esquivé sa situation judiciaire. « Je ne fuis pas », a-t-il déclaré avec fermeté, ajoutant dans un ton plus mesuré : « Que je sois là ou non, ce qu’ils veulent faire, ils le feront. » Un propos sans appel à la confrontation, mais porteur d’une certaine gravité politique.
La rencontre a également été marquée par une démonstration de solidarité de l’opposition ivoirienne. Le FPI, le PPA-CI, le PDCI-RDA et le COJEP ont répondu présents, exprimant tour à tour leur soutien et appelant au respect des libertés politiques et de l’équité dans le processus électoral.
Sur le plan politique, Assalé Tiémoko a structuré son intervention autour de trois priorités. Il a d’abord remis en cause le système de parrainage des candidatures à la présidentielle, qu’il juge opaque et difficilement contrôlable. Il a ensuite dénoncé la persistance d’une pauvreté de masse, évoquant des millions d’Ivoiriens vivant avec moins de 600 francs CFA par jour, malgré les performances économiques affichées. Enfin, il a lancé un message fort à la jeunesse, insistant sur la nécessité de créer des opportunités réelles afin de limiter l’exil et le désespoir.
Fondé il y a deux ans à Yamoussoukro, l’ADCI se présente comme un mouvement progressiste et républicain, centré sur la transformation locale des matières premières et la création d’emplois durables. À Tiassalé, cette rentrée politique a ainsi servi de tribune à un discours mêlant résilience personnelle et ambition politique affirmée.

