La Côte d’Ivoire entend se positionner comme un acteur majeur de l’intelligence artificielle en Afrique. Dans un entretien, Stéphane Kounandi Coulibaly, Directeur de l’Innovation, des Startups et du Secteur privé au ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, a détaillé la stratégie du gouvernement en matière d’IA, de soutien aux startups et de développement de la future Cité de l’innovation.
Selon lui, une stratégie nationale de l’intelligence artificielle et de la gouvernance des données a été élaborée dès 2024. Elle repose sur trois piliers : le développement des infrastructures et des compétences, l’inclusion de tous les secteurs et de toutes les couches sociales dans l’usage de l’IA, et une gouvernance éthique et encadrée de ces technologies. « Il est important que la Côte d’Ivoire soit un pôle et un leader régional dans le domaine », a-t-il souligné.
Autre projet phare : la Cité de l’innovation, annoncée par le président de la République le 31 décembre 2024. Ce futur complexe doit regrouper des espaces dédiés à la culture, à la recherche et à l’innovation technologique. Le projet, encore en phase de finalisation, ambitionne de devenir une référence en Afrique, à l’image d’une « Silicon Valley africaine ». Il comprendra des incubateurs, des centres de formation et des espaces de recherche destinés à la jeunesse.
Sur la question des startups, Stéphane Kounandi Coulibaly estime que la Côte d’Ivoire a déjà franchi un cap, même s’il reste des défis. Le Programme d’Accompagnement et de Développement des Startups (PADS) a été mis en place autour de cinq axes : cadre légal et fiscal, financement, formation, plateforme numérique d’interconnexion et promotion internationale des startups ivoiriennes.
Des initiatives d’immersion à l’étranger ont également été lancées, avec des voyages de startups ivoiriennes en Silicon Valley, au Japon et bientôt à Vivatech à Paris. L’objectif est de renforcer les partenariats et attirer les investisseurs étrangers.
Enfin, le ministère mise fortement sur la formation. L’ambition est de développer les compétences numériques dès le plus jeune âge, en partenariat avec les universités et le système éducatif. Coding, robotique et intelligence artificielle doivent progressivement être intégrés dans les programmes scolaires.
Pour le responsable, la réussite de cette transformation dépendra de l’implication des jeunes : « Ils doivent être acteurs et non simples consommateurs de la révolution technologique ».
