Le Nigeria s’apprête à lancer l’un de ses projets d’infrastructure les plus ambitieux. Le président Bola Tinubu a demandé l’aval des parlementaires pour contracter un emprunt extérieur de 516 millions de dollars auprès de Deutsche Bank. Objectif : financer les premiers tronçons d’un corridor autoroutier de 1 000 km reliant Sokoto à Lagos via les États de Niger et Kwara.
Pensée comme un levier de transformation économique, cette autoroute vise à désenclaver le nord-ouest et fluidifier les échanges avec le sud-ouest, cœur commercial du pays. En facilitant le transport des denrées agricoles, elle pourrait aussi contribuer à améliorer la sécurité alimentaire et à contenir l’inflation.
Mais ce pari infrastructurel repose sur une stratégie d’endettement assumée. Déjà engagé dans plusieurs financements extérieurs, le pays voit sa dette croître, atteignant plus de 51 milliards de dollars fin 2025. Si le gouvernement défend des emprunts ciblés et productifs, certains observateurs s’inquiètent du poids du service de la dette sur des finances publiques fragiles.
Le Parlement devra désormais trancher. Entre impératif de développement et prudence budgétaire, ce projet autoroutier symbolise les choix économiques décisifs auxquels Abuja est confronté.

