Quinze ressortissants sud-américains expulsés des États-Unis se retrouvent aujourd’hui en République démocratique du Congo, après la mise en œuvre d’un accord migratoire controversé entre Washington et Kinshasa. Depuis le 17 avril, ils sont retenus dans un hôtel proche de l’aéroport de Kinshasa, dans l’attente d’une solution de rapatriement.
Parmi eux, le Colombien Carlos Rodelo affirme avoir été arrêté par les services américains de l’immigration (ICE) malgré une protection internationale contre le renvoi vers son pays d’origine, accordée au titre de la Convention contre la torture des Nations unies. « Ils ne m’ont jamais expliqué pourquoi », confie-t-il, décrivant une expulsion brutale et sans information claire.
Les autorités américaines auraient contourné cette protection en optant pour une expulsion vers un pays tiers jugé plus sûr, en l’occurrence la RDC, un choix qui suscite de vives interrogations juridiques et humanitaires. Plusieurs observateurs dénoncent une pratique d’externalisation des expulsions vers des États partenaires.
Sur place, les migrants vivent dans l’incertitude, isolés et loin de leurs familles. Leur avenir dépend désormais de négociations diplomatiques encore floues entre les pays concernés, alors que les critiques se multiplient sur les conditions et la légalité de ce type de transferts migratoires.
