Sur les routes de Abidjan, les certitudes vacillent. Longtemps pointés du doigt, les Gbakas et les motocyclistes ne sont plus les principaux responsables des accidents. Les chiffres dévoilés par la préfecture de police dans le cadre de l’opération « Tolérance Zéro » dressent un tout autre tableau.
Entre le 16 février et le 15 avril 2026, les véhicules personnels dominent largement les statistiques avec 4 080 accidents recensés. Loin derrière suivent les camions et camionnettes (1 574 cas) et les VTC (1 342). Les deux et trois roues arrivent en quatrième position, tandis que les transports collectifs ferment la marche. Un renversement de perception qui interpelle sur le comportement des automobilistes ordinaires, désormais au cœur du problème.
Sur le terrain, la riposte des autorités est ferme. Plus de 5 400 engins ont été mis en fourrière depuis début mars, dont une majorité de motos pour défaut de casque. La lutte contre l’alcool au volant, elle aussi renforcée, a conduit plusieurs contrevenants devant la justice.
Résultat : une baisse globale de 12 % des accidents et une chute notable de 30 % de la mortalité routière. Pour les autorités, cette dynamique encourageante doit s’inscrire dans la durée. Car au-delà de la répression, c’est bien un changement de comportement des usagers qui reste la clé d’une route plus sûre.

