Au Mali, le général Assimi Goïta franchit un nouveau cap dans la concentration du pouvoir. Un décret lu le 4 mai 2026 à la télévision publique ORTM officialise sa prise en main du ministère de la Défense et des Anciens combattants, neuf jours seulement après la mort du général Sadio Camara.
Figure centrale du régime militaire et proche parmi les proches du chef de l’État, Sadio Camara a été tué lors d’une attaque d’envergure attribuée à une coalition de groupes armés. Sa disparition brutale a créé un vide au sommet de l’appareil sécuritaire dans un pays déjà fragilisé par des violences récurrentes.
En reprenant directement ce portefeuille stratégique, Assimi Goïta assume désormais seul la conduite des opérations militaires, en plus de ses fonctions présidentielles. Le régime justifie cette décision par la nécessité d’assurer la continuité du commandement dans un contexte de forte pression sur les Forces armées maliennes (FAMa), confrontées à des offensives coordonnées dans plusieurs régions.
Cette centralisation du pouvoir intervient alors que les groupes armés revendiquent des avancées dans le nord du pays et que la situation sécuritaire demeure instable. Elle traduit également une méfiance accrue au sein du sommet de l’État, après plusieurs remaniements et évictions d’officiers jugés peu fiables.
Pour les autorités, il s’agit de renforcer la réactivité de la chaîne de commandement. Mais pour une partie de l’opinion et de l’opposition, ce cumul des fonctions illustre plutôt une militarisation accrue du pouvoir, loin des promesses initiales de transition.
Dans un contexte de tensions régionales et de recomposition des alliances, notamment au sein de l’AES, cette décision pourrait également redessiner les équilibres diplomatiques du Mali. Sur le terrain comme sur la scène politique, l’avenir immédiat du pays reste plus incertain que jamais.

