Les relations entre Madagascar et la France traversent une nouvelle zone de turbulences. Le gouvernement malgache a annoncé l’expulsion d’un diplomate français, déclaré persona non grata, après la convocation de l’ambassadeur Arnaud Guillois. Les autorités évoquent une implication présumée dans des activités de déstabilisation, sans toutefois en préciser la nature.
Dans un communiqué, le ministère malgache des Affaires étrangères affirme que la décision fait suite à des enquêtes en cours impliquant des ressortissants locaux et étrangers. Paris, de son côté, rejette catégoriquement ces accusations, qualifiées de « fausses».
Cette affaire intervient dans un climat politique déjà fragile à Madagascar, dirigé depuis octobre par le colonel Michael Randrianirina, arrivé au pouvoir après la chute d’Andry Rajoelina dans un contexte de contestation sociale.
Depuis plusieurs mois, la Grande Île est secouée par des manifestations liées aux difficultés économiques, notamment les pénuries d’eau et d’électricité, ainsi qu’à la corruption. Des arrestations de jeunes manifestants ont suscité des critiques d’organisations de défense des droits humains, qui dénoncent un climat de répression et des détentions jugées arbitraires.
Le pouvoir de transition, lui, accuse certains mouvements de recevoir des financements étrangers pour alimenter les troubles, accentuant les tensions politiques et diplomatiques.
Sur le plan international, Madagascar entretient également des relations renforcées avec la Russie, notamment dans le domaine militaire, ce qui ajoute une nouvelle dimension géopolitique à la situation. Des coopérations récentes incluent des formations et des échanges d’équipements militaires.
Dans ce contexte instable, l’expulsion du diplomate français apparaît comme un nouvel épisode d’une crise plus large, où enjeux internes et rivalités internationales s’entremêlent, sur fond d’une transition politique encore incertaine.

