Au Bénin, la filière porcine connaît une croissance progressive, portée par une demande intérieure en forte augmentation. Très appréciée des consommateurs, la viande de porc s’impose comme un produit de choix sur les marchés locaux. Toutefois, cette dynamique reste freinée par une production encore largement insuffisante pour couvrir les besoins nationaux.
Le pays produit en effet un peu plus de 11 000 tonnes de viande porcine par an, alors que la demande est estimée à près de 80 000 tonnes. Ce déséquilibre structurel ouvre la voie à des importations massives, notamment en provenance du Nigeria voisin, qui approvisionne une partie importante du marché.
Cette situation est perçue comme une concurrence difficile par les acteurs locaux. Selon la Fédération des sociétés coopératives pour la promotion de la filière porcine au Bénin (Fecofipob), cette concurrence étrangère fragilise les producteurs nationaux et met en péril les efforts de structuration du secteur.
Créée en 2022, la Fecofipob vise justement à mieux organiser les acteurs de la filière et à renforcer leur professionnalisation. Elle entend relever plusieurs défis majeurs, notamment la santé animale, l’amélioration des conditions d’élevage et surtout la commercialisation des produits locaux.
Pour les responsables de la filière, la priorité reste le développement d’une production nationale plus compétitive afin de réduire la dépendance aux importations. Cela passe par un meilleur encadrement des éleveurs, des investissements dans les infrastructures et une politique de soutien plus affirmée.
Dans ce contexte, la filière porcine béninoise se trouve à un tournant stratégique : entre opportunités de croissance et pression concurrentielle régionale, son avenir dépendra de sa capacité à se structurer durablement et à répondre à une demande en constante évolution.
