Haïti : fin de la mission multinationale, place à une nouvelle stratégie contre les gangs

Mercredi 29 Avril 2026 - 20:00

La mission internationale de sécurité en Haïti prend fin, laissant place à une nouvelle force censée relancer la lutte contre les gangs.


Des policiers kényans descendent d’un vol de Kenya Airways à leur arrivée à l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince, le 18 janvier 2025. (Photo Dr).
Des policiers kényans descendent d’un vol de Kenya Airways à leur arrivée à l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince, le 18 janvier 2025. (Photo Dr).
 

Une page se tourne en Haïti. La mission multinationale de soutien à la sécurité, mise en place pour épauler les forces locales face à la montée des violences, a officiellement pris fin avec le départ du dernier contingent de policiers kényans.
 

Validée en octobre 2023 par le Conseil de sécurité des Nations unies, cette initiative visait à renforcer les capacités de la Police nationale haïtienne dans sa lutte contre les gangs armés, qui contrôlent une grande partie du territoire, notamment dans la capitale Port-au-Prince.
 

Dès son lancement, la mission a cependant accumulé les obstacles. Retards administratifs, recours judiciaires au Kenya, financement insuffisant et difficultés logistiques ont freiné son déploiement. Alors que Nairobi s’était engagé à fournir environ 1 000 policiers, moins de 800 ont finalement été envoyés sur le terrain.
 

Le manque de moyens a également pesé lourd. Sur un budget annuel estimé à 600 millions de dollars, seuls 400 millions ont été mobilisés, principalement grâce au soutien des États-Unis. Une enveloppe insuffisante pour garantir une présence efficace face à des groupes criminels puissamment armés.
 

Résultat : une mission restée en deçà de ses ambitions initiales, incapable d’atteindre l’effectif prévu de 2 500 hommes ni de stabiliser durablement la situation sécuritaire.
 

Mais l’engagement international ne s’arrête pas là. Une nouvelle initiative, la Force de répression des gangs, a déjà été approuvée par les Nations unies. Elle devra tirer les leçons des limites de la précédente mission pour tenter de rétablir l’ordre dans un pays toujours en proie à une insécurité chronique.
 

Dans un contexte où l’urgence sécuritaire reste entière, cette transition ouvre une nouvelle phase, pleine d’incertitudes, mais aussi d’attentes pour la population haïtienne.

Félix N'Guessan

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