Un court documentaire de 16 minutes intitulé Inside Burkina Faso, signé par la journaliste britannico-soudanaise Yousra Elbagir, provoque de vives réactions au Burkina Faso et au-delà. Diffusé récemment, ce reportage d’investigation met en lumière une situation sécuritaire jugée préoccupante et des réalités de terrain contrastant avec les discours officiels de la transition militaire dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré.
Tourné à Ouagadougou avec autorisation des autorités, le film présente une lecture critique de la situation nationale, évoquant une instabilité persistante et des zones d’insécurité qui échapperaient encore au contrôle de l’État. Le documentaire avance également des chiffres alarmants sur les pertes humaines et la dégradation de la sécurité dans certaines régions, alimentant un débat déjà très polarisé.
Dans les rangs des soutiens du régime, Inside Burkina Faso est perçu comme une tentative de déstabilisation et une lecture biaisée de la réalité burkinabè. À l’inverse, ses défenseurs saluent un travail journalistique qui mettrait en lumière des difficultés souvent minimisées dans le discours officiel.
Cette polémique intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions autour de la liberté de la presse. Depuis la prise de pouvoir de la junte en 2022, plusieurs médias internationaux ont été suspendus et certains correspondants étrangers expulsés, alimentant les critiques sur l’espace médiatique dans le pays.
Au-delà de la controverse, le documentaire relance les interrogations sur la trajectoire politique de la transition et la gestion de la crise sécuritaire, dans un Burkina Faso toujours confronté à de lourds défis sur le plan militaire, institutionnel et humanitaire.

