À deux ans de l’élection présidentielle prévue en 2028, Félix Tshisekedi a ravivé le débat politique en République démocratique du Congo. Lors d’une conférence de presse organisée mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa, le chef de l’État congolais a évoqué la possibilité d’un troisième mandat ainsi qu’un éventuel report du scrutin présidentiel si la guerre dans l’est du pays se poursuivait.
Au pouvoir depuis 2019, Tshisekedi achève actuellement son second mandat, alors que la Constitution congolaise limite normalement la présidence à deux mandats. Sans annoncer officiellement sa candidature, le président a laissé entendre qu’il pourrait répondre favorablement à une demande populaire. « Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais si le peuple congolais le souhaite, j’accepterai », a-t-il déclaré.
Cette sortie intervient dans un climat politique déjà tendu. Depuis plusieurs mois, l’opposition accuse le pouvoir de préparer une révision constitutionnelle destinée à prolonger le règne présidentiel. Le chef de l’État rejette ces accusations, assurant vouloir uniquement « servir son pays » dans un contexte sécuritaire exceptionnel.
Au cœur de ses arguments figure la guerre persistante dans l’est de la RDC, où les combats opposent les forces gouvernementales au groupe armé M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda. Malgré un fragile accord de paix signé en décembre 2025 à Washington sous l’égide de Donald Trump, les affrontements continuent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Pour Félix Tshisekedi, l’insécurité pourrait rendre impossible l’organisation d’élections crédibles en 2028. « Si nous ne pouvons pas mettre fin à cette guerre, nous ne pourrons pas organiser les élections », a-t-il averti, estimant que ces régions stratégiques doivent impérativement être sécurisées avant tout scrutin.
Au-delà de l’enjeu sécuritaire, le président congolais lie également la réforme constitutionnelle à des impératifs économiques et diplomatiques. Il affirme que les États-Unis réclament des réformes judiciaires en contrepartie d’un partenariat stratégique autour des minerais congolais, essentiels à l’industrie américaine.
Ces déclarations relancent les interrogations sur l’avenir institutionnel de la RDC. Entre impératifs sécuritaires, ambitions politiques et pressions géopolitiques, le pays semble entrer dans une nouvelle phase de fortes tensions autour de la succession présidentielle de 2028.

