Le secteur des médias publics béninois traverse une zone de fortes turbulences. Le mercredi 13 mai 2026, la Société de radio et télévision du Bénin (SRTB), née en 2023 du remplacement de l’ORTB, a procédé au licenciement de 169 agents dans le cadre de son plan de modernisation.
Selon la direction, cette restructuration repose sur un audit de compétences destiné à adapter les profils des agents aux nouveaux enjeux de performance et de transformation numérique. L’objectif affiché est de rendre l’entreprise publique plus efficace et mieux structurée face aux défis du secteur audiovisuel.
Mais sur le terrain, la décision passe mal. Les syndicats dénoncent une procédure expéditive, marquée par l’absence de concertation. Ils affirment que le cadre de dialogue promis n’a jamais été mis en place et contestent la transparence de l’audit ayant conduit aux licenciements.
Pour les agents concernés, la rupture est brutale. Beaucoup disent avoir été informés sans préavis, dans un climat de choc et d’incompréhension. Ils réclament le paiement rapide de leurs droits légaux, notamment les indemnités de licenciement et les congés payés, afin d’éviter une précarisation de leurs familles.
Les organisations professionnelles de médias, dont la Plateforme des acteurs et promoteurs pour le développement des médias (Padem-Bénin) et l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), ont également exprimé leur inquiétude. Elles dénoncent une décision aux conséquences sociales potentiellement lourdes.
Face à la contestation, les syndicats exigent un contre-audit indépendant et interpellent les autorités, estimant que certains agents compétents ont été injustement écartés. Ils envisagent des recours juridiques et des actions de protestation.
Si la direction de la SRTB défend une réforme jugée nécessaire, l’absence de consensus fragilise le processus. Dans un contexte déjà sensible autour des médias publics, cette affaire pourrait devenir un test majeur pour la gouvernance sociale et institutionnelle du secteur au Bénin.

