L’influenceur panafricaniste Kemi Seba a été arrêté en Afrique du Sud, où il fait désormais l’objet d’une procédure d’extradition vers le Bénin. Une affaire aux ramifications judiciaires et politiques, qui suscite déjà de vives réactions.
Selon les autorités sud-africaines, l’activiste a été interpellé à Pretoria en compagnie de son fils, pour des faits présumés de facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Un facilitateur aurait été rémunéré pour organiser ce passage.
Mais au-delà de ces accusations locales, c’est surtout un mandat d’arrêt émis par Cotonou qui pèse sur lui. Les autorités béninoises reprochent à Kemi Seba des faits d’« apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et d’« incitation à la rébellion », des charges lourdes dans un contexte politique sensible.
Figure controversée du panafricanisme et leader de l’ONG Urgences panafricanistes, il s’est imposé ces dernières années comme une voix critique des relations entre certains États africains et la France. Sa forte présence sur les réseaux sociaux amplifie l’écho de ses prises de position.
Placés en détention provisoire, Kemi Seba et son fils doivent comparaître le 20 avril. En toile de fond, cette arrestation intervient quelques jours après la victoire annoncée de Romuald Wadagni à la présidentielle béninoise, dans un climat politique déjà sous tension.

