À Dakar, le ton est monté d’un cran. Lors d’une conférence consacrée à la souveraineté africaine, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a livré une charge sans détour contre le président américain Donald Trump, qu’il accuse d’avoir plongé le monde « dans un chaos que rien ne justifie ».
Face à un public attentif, en présence du géopolitologue Pascal Boniface, le chef du gouvernement a dénoncé une politique internationale fondée, selon lui, sur la force plutôt que sur le droit. Dans son viseur : l’intervention militaire contre l’Iran, qu’il considère comme un facteur majeur de déstabilisation globale.
« Monsieur Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation », a-t-il martelé, mettant en garde contre les conséquences durables de ce conflit, y compris pour les États-Unis eux-mêmes. Pour Sonko, cette guerre illustre un déséquilibre profond des relations internationales et une remise en cause du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Le Premier ministre a également critiqué les pratiques d’ingérence, évoquant notamment l’arrestation controversée du président vénézuélien. « Ce n’est pas à eux de décider pour les autres peuples », a-t-il insisté, dénonçant un affaiblissement des principes démocratiques.
Cette sortie s’inscrit dans la ligne souverainiste du pouvoir sénégalais, porté par une volonté de rupture avec les anciennes dépendances. Arrivé aux affaires après une séquence politique mouvementée, le tandem Sonko–Diomaye entend désormais repositionner le Sénégal sur la scène internationale, avec une voix plus affirmée et indépendante.

