Le nord du Nigeria s’enfonce un peu plus dans la violence. En l’espace d’une semaine, près de 100 personnes ont perdu la vie dans une série d’attaques attribuées à des groupes djihadistes et à des bandes criminelles locales. Dernier épisode en date : l’assaut d’une base militaire située à une soixantaine de kilomètres de Maiduguri, capitale de l’État de Borno.
L’attaque a coûté la vie au brigadier-général Oseni Omoh Braimah ainsi qu’à plusieurs soldats, illustrant la capacité de nuisance intacte des groupes armés. Malgré la riposte de l’armée, qui affirme avoir repoussé les assaillants, le bilan humain témoigne de la fragilité persistante du dispositif sécuritaire dans cette région stratégique.
Dans un communiqué officiel, le président Bola Tinubu a condamné fermement ces violences, saluant le courage des forces armées engagées sur le terrain. Mais sur le terrain, la peur domine. Dans plusieurs villages du nord-ouest, au moins 90 civils ont été tués ces derniers jours, souvent dans des attaques ciblant des communautés isolées.
Entre terrorisme et grand banditisme, le nord du Nigeria reste pris en étau. Les combattants de Boko Haram, toujours actifs, cohabitent avec des groupes criminels appelés « bandits », qui multiplient enlèvements, pillages et massacres. Cette convergence des menaces accentue une insécurité chronique, compliquant davantage la réponse des autorités.
Face à cette escalade, la question de l’efficacité des stratégies sécuritaires se pose avec acuité. Pour les populations locales, le quotidien est désormais rythmé par l’incertitude et la peur.

