À l’heure où le poste à péage de Mondoukou s’apprête à ouvrir officiellement ses portes le 7 avril 2026 sur la route d’Assinie, la Côte d’Ivoire confirme sa volonté de moderniser et d’entretenir durablement son réseau routier. Derrière chaque barrière levée, c’est toute une politique d’investissement et de mobilité qui se dessine.
Depuis un peu plus d’une décennie, le pays a engagé un vaste programme de construction et de mise en service de postes à péage, devenus aujourd’hui des maillons essentiels du financement des infrastructures routières. Au total, plus d’une quinzaine de postes sont actuellement actifs ou en voie de l’être, répartis sur les principaux axes du territoire.
L’histoire récente des péages ivoiriens débute véritablement en 2014 avec la mise en service des postes d’Attinguié et de Singrobo, deux points stratégiques sur l’autoroute du Nord reliant Abidjan à l’intérieur du pays. Cette même dynamique se poursuit avec l’ouverture du péage du pont Henri Konan Bédié en 2015, marquant l’intégration des ouvrages d’art dans ce système de financement.
Au fil des années, le réseau s’étoffe et se densifie. En 2019, les postes de Thomasset et de Moapé viennent renforcer le dispositif sur les corridors économiques du sud. Puis, en 2022 et 2023, une nouvelle vague d’inaugurations est enregistrée avec les péages de Grand-Bassam, Tiébissou et Djébonoua (Yamoussoukro-Bouaké), suivis de Bozi et Gonaté sur l’axe Bouaflé–Daloa, confirmant l’extension du modèle vers l’intérieur du pays.
La capitale économique et ses environs ne sont pas en reste. Le péage du 4ᵉ pont d’Abidjan, mis en service en juillet 2024, illustre la modernisation rapide du réseau urbain. À cela s’ajoute le poste d’Ebouassué (Abengourou), entré en service en février 2025, et celui de Katiola sur l’axe Bouaké–Ferkessédougou, également opérationnel courant 2025.
D’un point de vue géographique, ces infrastructures couvrent désormais les grands axes stratégiques du pays : le corridor nord-sud (Abidjan–Bouaké–Ferké), les routes de desserte vers le centre et l’ouest (Bouaflé, Daloa), ainsi que les liaisons côtières vers Grand-Bassam et Assinie. Cette répartition traduit une volonté d’équilibrer les investissements entre zones urbaines et régions de l’intérieur.
Avec l’ouverture imminente de Mondoukou, située sur un axe touristique et économique en pleine expansion, le réseau franchit une nouvelle étape. Ce poste viendra non seulement fluidifier la circulation vers Assinie, mais aussi contribuer à l’entretien des infrastructures dans une zone à fort trafic, notamment en période de week-end et de vacances.
Au-delà des chiffres, l’essor des postes à péage en Côte d’Ivoire témoigne d’un changement de paradigme : celui d’un financement partagé de la route, où l’usager participe directement à la qualité et à la durabilité des infrastructures qu’il emprunte. Une évolution qui s’inscrit pleinement dans la stratégie de développement du pays et dans sa quête d’un réseau routier performant, moderne et résilient.

