La Côte d’Ivoire affiche clairement ses ambitions dans le secteur de la santé. À l’occasion du Forum Côte d’Ivoire 2026, organisé à Paris par Business France, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture Maladie Universelle, Pierre N’Gou Dimba, a porté la vision ivoirienne devant un parterre d’investisseurs et de décideurs internationaux.
Dans un contexte où l’attractivité économique du pays suscite un intérêt croissant, cette rencontre a réuni membres du gouvernement français, parlementaires, diplomates et chefs d’entreprise autour des opportunités offertes par l’économie ivoirienne, reconnue pour sa stabilité et son dynamisme en Afrique de l’Ouest.
Intervenant lors du panel de haut niveau consacré à la santé et à l’industrie pharmaceutique, le ministre a insisté sur un changement de paradigme : la pharmacie ne se limite plus à l’approvisionnement en médicaments, mais constitue désormais un levier stratégique de souveraineté sanitaire, de résilience économique et de stabilité sociale.
Face à une dépendance encore importante aux importations, la Côte d’Ivoire a engagé une transformation structurelle visant à développer une production locale compétitive. L’objectif est clair : bâtir une véritable plateforme pharmaceutique régionale capable de répondre aux besoins nationaux et sous-régionaux.
Pour atteindre cette ambition, le pays mise sur plusieurs atouts majeurs : son statut de première puissance économique de l’UEMOA, un climat des affaires attractif, des infrastructures logistiques performantes et un accès privilégié à un vaste marché régional.
Cette dynamique se traduit déjà par des initiatives concrètes, notamment le développement d’unités industrielles aux standards internationaux, à l’image de l’usine Africure et du projet de campus Fosun Pharma, appelés à renforcer significativement les capacités de production nationale.
Parallèlement, des réformes profondes ont été engagées pour améliorer la gouvernance du secteur pharmaceutique. La modernisation de la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique (NPSP) vise ainsi à optimiser la planification des achats, garantir la qualité des médicaments et sécuriser les chaînes d’approvisionnement.
Au-delà des infrastructures, le ministre a mis l’accent sur la construction d’un écosystème pharmaceutique robuste, reposant sur une régulation rigoureuse, des standards élevés et des compétences techniques renforcées, afin de rassurer les investisseurs sur la durabilité et la fiabilité du marché.
Portée par cette vision stratégique, la Côte d’Ivoire s’est fixé un objectif ambitieux : faire passer la part de la production locale de médicaments de 6 % à 30 % d’ici 2030. Une trajectoire qui, si elle est tenue, pourrait positionner le pays comme un acteur incontournable de la souveraineté sanitaire en Afrique de l’Ouest.
