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Sur la côte ghanéenne, les cicatrices de la traite négrière

Dimanche 29 Mars 2026 - 17:04

À Accra, le château de Christiansborg incarne la mémoire de l’esclavage. Le Ghana préserve ces sites pour transmettre l’histoire et honorer les victimes.


 

À Accra, le château de Christiansborg se dresse face à l’océan, imposant et silencieux. Derrière ses murs blanchis par le temps se cache pourtant l’une des pages les plus sombres de l’histoire humaine : celle de la traite transatlantique.
 

Chaque 25 mars, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage, le monde se souvient. L’Assemblée générale des Nations unies a qualifié cette tragédie de « plus grave crime contre l’humanité », un rappel solennel qui résonne avec une intensité particulière sur les côtes ghanéennes.
 

Construit au XVIIᵉ siècle par les Danois, le château de Christiansborg fut l’un des principaux centres de déportation. Plus de 100 000 Africains y auraient transité, arrachés à leur terre pour être envoyés vers les plantations des Antilles.

Aujourd’hui, les visites guidées plongent les visiteurs dans cette réalité brutale. Dans les cachots étroits et insalubres, hommes et femmes étaient enfermés pendant des semaines, parfois des mois. Les récits évoquent des traces de sang découvertes à l’arrivée des Britanniques, une chapelle construite au-dessus des cellules des femmes, ou encore l’histoire controversée d’Asameni, figure africaine impliquée dans ce commerce.
 

Le lieu ne laisse personne indifférent. Si les Ghanéens s’y rendent davantage lors des jours fériés, le site attire surtout des visiteurs venus de la diaspora, notamment des Caraïbes,  en quête de racines et de mémoire.
 

Le Ghana compte près de 60 forts et châteaux liés à la traite négrière. Parmi eux, 28 sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. Mais ces vestiges, exposés à l’érosion côtière et à la montée des eaux, sont aujourd’hui menacés.
 

Face à ce défi, les autorités ghanéennes ont annoncé un investissement de 22 millions de cédis pour restaurer plusieurs sites emblématiques. Un effort jugé essentiel pour transmettre une histoire longtemps occultée.
 

Pour les responsables culturels, ces lieux ne sont pas de simples monuments : ils sont des mémoriaux vivants. Ils racontent la souffrance de millions d’Africains, mais aussi la résilience de leurs descendants.
 

Dans cette dynamique, le Ghana a lancé en 2019 l’initiative « Year of Return », une politique symbolique et concrète visant à rapprocher les Afro-descendants de leur terre d’origine. Une démarche qui fait écho à la tristement célèbre « porte du non-retour », passage ultime vers l’exil forcé.
 

Aujourd’hui, en préservant ces sites et en racontant leur histoire, le Ghana ne se contente pas de regarder le passé. Il affirme un engagement universel : celui de ne jamais oublier, pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus.

Félix N'Guessan

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