Avril 1946 – avril 2026. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) célèbre ses 80 ans d’existence. Huit décennies de luttes, de transformations et d’engagement au service de la nation ivoirienne. Fondé dans le sillage du combat anticolonial, ce parti historique demeure un pilier de la vie politique du pays et un témoin privilégié de son évolution.
Aux origines d’un combat pour la dignité
Le PDCI-RDA voit officiellement le jour en avril 1946, sous l’impulsion du père de la nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny. Héritier du Syndicat agricole africain, il se positionne dès ses débuts comme un instrument de défense des populations africaines face aux injustices coloniales.
Dans le contexte de l’Afrique occidentale française, Houphouët-Boigny s’engage activement pour fédérer les forces politiques africaines et participer à la lutte contre le colonialisme. Il joue un rôle majeur à la Conférence de Bamako (octobre 1946), où il contribue, aux côtés de Modibo Keïta et Ouezzin Coulibaly, à la fondation du Rassemblement démocratique africain (RDA). Cette fédération de partis africains vise à coordonner la lutte pour les droits politiques et sociaux des populations africaines au sein de l’Union française.
Autour d’Houphouët-Boigny, une génération de pionniers forge les fondations du parti : Mathieu Ekra, Philippe Yacé, Germain Coffi Gadeau, Auguste Denise, Camille Alliali, Arsène Usher Assouan, Cowppli-Bony, Bernard Dadié, Marie Koré, Anne-Marie Raggi (pour la marche des femmes de Grand-Bassam), les « Quatre demoiselles de l’aventure 46 » qui sont Thérèse Brou, Marcelline Laubhouet, Jane Deny et Marie-Thérèse Sangaret, puis après la génération des Aka Angui, Laurent Dona Fologo, Auguste Bombet... Leur détermination permet de structurer un mouvement politique de masse, porteur d’espoir pour toute une génération.
Le parti de l’indépendance et de la construction nationale
Sous la conduite de Félix Houphouët-Boigny, le PDCI-RDA devient l’acteur central de la marche vers l’indépendance obtenue en 1960. Pendant trois décennies, il incarne l’État et conduit les grandes orientations économiques, sociales et institutionnelles du pays.
Dans ce contexte de parti unique, le PDCI-RDA pose les bases de la stabilité nationale et du modèle ivoirien, caractérisé par la paix, la croissance et le dialogue.
L’héritage de Bédié et l’épreuve du multipartisme
À la disparition du « Vieux » en 1993, Henri Konan Bédié prend le relais. Sous sa direction, le PDCI-RDA entre dans une nouvelle ère : celle du multipartisme et de la compétition politique.
Malgré les crises, notamment le coup d’État de 1999, le parti fait preuve de résilience. Il alterne entre pouvoir et opposition, s’adapte aux recompositions politiques et demeure une force incontournable de la scène ivoirienne.
Une mémoire vivante et un héritage politique
À 80 ans, le PDCI-RDA n’est pas seulement un parti politique : il est une mémoire vivante de la Côte d’Ivoire. Il porte en lui les combats pour la dignité, l’indépendance, la démocratie et la réconciliation.
Cet anniversaire est l’occasion de rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à écrire cette histoire, qu’ils soient figures emblématiques ou militants de base. Chacun a participé à faire du PDCI-RDA un symbole de longévité et d’engagement.
Un regard tourné vers l’avenir
Alors que la Côte d’Ivoire continue d’évoluer dans un contexte politique et social en mutation, le PDCI-RDA, fort de ses 80 ans d’expérience, se projette vers l’avenir. Héritier d’une tradition politique solide, il demeure appelé à jouer un rôle clé dans la consolidation de la démocratie et la construction d’une nation toujours plus unie.
80 ans après sa création, le PDCI-RDA reste debout : fidèle à ses racines, mais résolument tourné vers demain.

