La capitale Bissau est sous le choc. Mardi 31 mars, la dépouille de Vigário Luís Balanta, président du mouvement révolutionnaire Pó di Terra et figure emblématique de la jeunesse bissau-guinéenne, a été retrouvée aux portes de la ville. Âgé de 35 ans, il était connu pour ses prises de position courageuses contre la transition menée par la junte militaire au pouvoir.
Dès le lendemain, le Pacte de la Société civile a exprimé sa consternation, qualifiant cette disparition de « brutal assassinat » et rendant hommage à un militant engagé qui prônait un avenir digne pour son pays, loin de l’émigration. Selon l’organisation, Vigário Luís Balanta aurait été « sauvagement battu à mort ».
Bubacar Turé, président de la Ligue bissau-guinéenne des droits humains, a appris la tragique nouvelle en pleine conférence sur la justice et la démocratie en Afrique de l’Ouest. Ému, il n’a pu retenir ses larmes devant les caméras, partageant avec peine la perte de son collègue et ami.
Face à l’interdiction des manifestations, la société civile prépare un recours auprès de l’ordre des avocats pour obtenir l’autorisation d’une marche pacifique à la mémoire de Vigário Luís Balanta. Le militant, actif sur les réseaux sociaux jusqu’à la veille de sa mort, dénonçait avec force la transition conduite par le Haut-commandement militaire du général Horta N'Tam.
Aujourd’hui, l’appel est unanime : une enquête indépendante, avec l’implication du Haut-commissariat de l’ONU aux droits humains et de la Ligue bissau-guinéenne des droits humains, est exigée pour faire toute la lumière sur cette disparition tragique.
