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Cameroun : le mandat des députés prolongé sur fond de crise budgétaire

Mercredi 1 Avril 2026 - 06:00

Face à des finances publiques fragilisées, les autorités camerounaises ont choisi de reporter les élections législatives et de prolonger le mandat des députés jusqu’en décembre 2026. Une décision qui alimente la controverse entre impératifs économiques et respect des principes démocratiques.


Le mandat des députés prolongé  jusqu’à fin 2026
Le mandat des députés prolongé jusqu’à fin 2026
 

Au Cameroun, la décision de prolonger le mandat des députés jusqu’à fin 2026 ne passe pas inaperçue. Officiellement motivée par des contraintes budgétaires et organisationnelles, elle relance un débat sensible sur l’équilibre entre gestion des finances publiques et exigences démocratiques.
 

Dans un contexte économique sous pression, l’organisation des élections apparaît comme un défi de taille. Selon plusieurs observateurs, la tenue de scrutins nationaux représente un coût considérable pour un État dont la dette avoisine les 14 500 milliards de FCFA. À cela s’ajoute un budget de fonctionnement dépassant les 8 000 milliards de FCFA, absorbé en grande partie par les salaires des fonctionnaires, les investissements publics et le fonctionnement des institutions.
 

Pour certains analystes, à l’image de Boutchouang Nghomsi Chanceline, président du think tank Cameroun Youth Economic Forum, l’État est contraint à des arbitrages difficiles. Dans une période de tension financière, prioriser certaines dépenses au détriment d’autres, y compris électorales, serait une nécessité stratégique.
 

Mais sur le terrain, cette justification peine à convaincre. À Yaoundé, capitale politique du pays, de nombreux citoyens expriment leur scepticisme. Rodrigue Fofe, chauffeur de taxi, s’interroge ouvertement sur la gestion des ressources publiques, évoquant notamment des projets coûteux comme la rénovation du monument dédié à Paul Biya à Sangmélima. Pour lui, l’argument du manque de moyens ne tient pas face à certaines dépenses jugées non prioritaires.
 

Du côté de l’opposition et de la société civile, la critique est plus frontale. La prolongation du mandat des députés, dont l’échéance initiale était fixée au 31 mars, est perçue comme une entorse aux règles démocratiques. Une inquiétude renforcée par l’examen en cours d’un projet de loi visant également à proroger le mandat des conseillers municipaux.
 

Pour des figures politiques comme Marie Flore Mboussi, cette situation traduit un affaiblissement préoccupant des mécanismes démocratiques. Elle redoute un désengagement progressif des citoyens vis-à-vis de la vie politique, conséquence d’un sentiment croissant de défiance.
 

Entre contraintes économiques réelles et soupçons de dérive institutionnelle, la décision des autorités camerounaises illustre les tensions profondes qui traversent le pays. Loin de clore le débat, elle pourrait au contraire accentuer la fracture entre gouvernants et gouvernés, dans un climat où la confiance reste fragile.

 
 
Félix N'Guessan

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