L’Afrique du Sud s’apprête à franchir un nouveau cap dans sa lutte contre l’insécurité. Plusieurs centaines de soldats et de policiers seront déployés dans les zones les plus sensibles de la province du Cap-Occidental, notamment autour de la ville du Le Cap, afin de combattre le crime organisé, l’exploitation minière illégale et la violence des gangs.
Environ 500 membres des forces de défense et de sécurité – issus de l’armée, de la police nationale et de la police locale – ont pris part à un défilé marquant le lancement de l’opération, à la veille d’un déploiement prévu pour une durée d’un an. Cette initiative s’inscrit dans un plan plus large présenté au Parlement à la mi-février, qui prévoit la mobilisation de 2 200 soldats dans cinq des neuf provinces du pays.
« Nos familles souffrent depuis trop longtemps. Nous allons ramener la paix, nous allons ramener l’unité », a déclaré la députée sud-africaine Dereleen James, traduisant l’attente forte des populations locales face à l’insécurité grandissante.
Ces dernières semaines, des centaines de soldats ont déjà été déployés dans la province du Gauteng, notamment autour de la ville de Johannesburg, un autre foyer important de criminalité.
Les autorités assurent que cette stratégie repose sur des opérations coordonnées et guidées par le renseignement. « Nous visons à démanteler les réseaux d’exploitation minière illicite, à lutter contre la violence des gangs et à perturber le crime organisé à plus grande échelle », a expliqué la lieutenante-générale Tebello Mosikili, commissaire adjointe de la police nationale, lors d’une intervention au Cap.
Cependant, cette militarisation de la lutte contre la criminalité suscite des critiques. Des experts et des figures de l’opposition estiment que les soldats ne sont pas formés pour des missions de maintien de l’ordre, traditionnellement dévolues aux forces de police.
Le président Cyril Ramaphosa a, pour sa part, qualifié le crime organisé de « menace la plus immédiate » pour le pays. L’Afrique du Sud affiche en effet l’un des taux d’homicide les plus élevés au monde, avec plus de 60 meurtres enregistrés chaque jour, illustrant l’ampleur du défi sécuritaire auquel les autorités tentent de répondre.

