L’Afrique connaît depuis quelques années un véritable boom architectural avec la construction de gratte-ciel ambitieux, symboles de modernité et de développement. Parmi eux, deux projets se démarquent particulièrement : la Tour F d’Abidjan en Côte d’Ivoire et la Tour Mohamed VI à Rabat, au Maroc. Ces deux ouvrages, portés par des visions audacieuses, témoignent de l’ingéniosité et de l’ambition des hommes derrière leur réalisation.
Tour F d’Abidjan : un futur sommet africain
Située dans la commune du Plateau, au cœur d’Abidjan, la Tour F est un projet conçu par l’architecte libano-ivoirien Pierre Fakhoury. La construction, initiée en juillet 2021, s’inscrit dans un plan d’urbanisme imaginé dès 1970 et représente la sixième structure de la cité administrative. À terme, la Tour F devrait culminer à 421 mètres avec ses 74 étages, devenant ainsi le plus haut bâtiment d’Afrique.
Le projet, piloté par le ministère ivoirien de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme en partenariat avec PFO Africa et réalisé par l’entreprise belge BESIX, est estimé à 450 millions d’euros. La tour repose sur une fondation solide, avec un radier de 3,5 mètres d’épaisseur et des barrettes de 80 mètres de profondeur. Sa superstructure est conçue pour résister aux forces du vent, grâce à un noyau central et des colonnes périphériques inclinées suivant la forme extérieure du bâtiment. Le projet utilise également le processus BIM (Building Information Modeling), garantissant précision et efficacité dans les études et la réalisation.
Tour Mohamed VI : la fusée de Rabat
À Salé, limitrophe de Rabat, la Tour Mohamed VI s’élève comme un symbole de modernité inspiré par l’espace. Initialement nommée Tour BMCE, ce projet a été lancé par le milliardaire Othman Benjelloun, président de la BMCE Bank of Africa, qui souhaitait créer un gratte-ciel en forme de fusée pour son nouveau siège. L’inspiration provient de sa visite à la NASA en 1969 et de la rencontre avec l’astronaute Pete Conrad.
La tour, conçue par les architectes Rafael de la Hoz et Hakim Benjelloun, a connu plusieurs évolutions. Initialement prévue pour Casablanca et pour 135 mètres, elle sera déplacée à Salé, portée à 250 mètres avec 55 étages et transformée en projet mixte combinant bureaux, hôtel de luxe, résidences et commerces. La construction, débutée en juillet 2017, est réalisée par les entreprises TGCC, China Railway Construction Corporation International (CRCCI) et la filiale belge BESIX. Le budget est estimé à 3,5 milliards de dirhams. Parmi ses innovations, la tour intègre un observatoire au sommet et des panneaux photovoltaïques sur sa façade sud.
Deux visions, un symbole de l’Afrique moderne
Si la Tour F d’Abidjan se distingue par sa hauteur record et son audace technique, la Tour Mohamed VI de Rabat illustre la créativité et la volonté d’innover dans l’architecture urbaine. Ces deux projets reflètent la dynamique des grandes métropoles africaines, déterminées à marquer le continent par des constructions emblématiques, symboles de croissance, de modernité et d’ambition.

