La Russie a officiellement confirmé la mort de 16 Camerounais enrôlés dans ses rangs sur le front de la guerre en Ukraine, révélant pour la première fois l’implication directe de ressortissants camerounais dans ce conflit meurtrier. Selon une note interne du ministère des Relations extérieures du Cameroun, transmise à la presse par l’ambassade de Russie à Yaoundé, ces « 16 militaires contractuels de nationalité camerounaise exerçaient dans la zone d’opération militaire spéciale », désignant l’offensive russe contre l’Ukraine. Aucun détail n’a été fourni sur les circonstances ou la date précise des décès.
Les autorités camerounaises ont appelé les familles des victimes à prendre contact avec le ministère, via un communiqué diffusé sur la radio publique CRTV, mais n’avaient jusqu’alors jamais reconnu officiellement l’envoi de leurs citoyens au front. De nombreux médias africains avaient pourtant déjà relayé la détresse de parents de jeunes Camerounais engagés par la Russie, souvent sous des promesses fallacieuses de formation ou d’emploi.
Selon l’Ukraine, près de 1.800 Africains ont été enrôlés dans les forces russes depuis le début du conflit. Mi-février, le collectif All Eyes on Wagner (AEOW) a publié une liste de 1.417 Africains recrutés par Moscou entre janvier 2023 et septembre 2025, dont plus de 300 sont morts au combat. Les Camerounais, aux côtés des Égyptiens et des Ghanéens, figurent parmi les nationalités les plus touchées.
Dans certains pays africains, comme le Kenya, la révélation de tromperies ayant conduit à l’enrôlement forcé de jeunes hommes dans l’armée russe avait provoqué une réaction diplomatique immédiate. À Moscou, le 16 mars dernier, le chef de la diplomatie kényane Musalia Mudavadi avait affirmé que la Russie avait accepté de cesser le recrutement de ressortissants kenyans pour combattre en Ukraine. Le cas camerounais met aujourd’hui en lumière les mêmes risques et tragédies pour des familles africaines confrontées à la brutalité d’une guerre lointaine mais profondément personnelle.

