À Abidjan, une vieille affaire judiciaire remet en lumière les failles du système. Dans un communiqué publié le 7 avril 2026, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme annonce l’ouverture d’une enquête après des révélations relayées sur les réseaux sociaux par l’avocat Youssouf Méité.
Au cœur de la controverse : le cas de Kouamé Affoué Félicité, condamnée en mars 2019 à vingt ans d’emprisonnement par le tribunal correctionnel d’Abidjan. Selon son conseil, un appel avait été interjeté dès le lendemain. Pourtant, depuis lors, la procédure serait restée sans suite devant la cour d’appel, soulevant de sérieuses interrogations sur le fonctionnement de la chaîne judiciaire.
Face à ces éléments jugés préoccupants, le Garde des Sceaux, Jean Sansan Kambilé, affirme avoir immédiatement réagi. Le dossier a été transmis au Procureur général afin de relancer la procédure, dans ce qui apparaît comme une tentative de régularisation rapide.
Mais au-delà de ce cas particulier, les autorités entendent faire toute la lumière sur les raisons de ce blocage. L’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires a été saisie pour établir les faits et situer les responsabilités. Une démarche qui traduit la volonté d’identifier d’éventuels manquements au sein de l’appareil judiciaire.
Cette affaire intervient dans un contexte marqué par des critiques récurrentes à l’encontre de la justice ivoirienne. Malgré des efforts de modernisation, les délais de traitement restent un défi majeur. Renvois successifs et lenteurs administratives continuent d’alimenter la frustration des justiciables.
Selon Afrobarometer, plus de la moitié des citoyens expriment une défiance envers l’institution judiciaire, évoquant des perceptions d’inégalités et de partialité. Dans ce climat, chaque dysfonctionnement avéré renforce les interrogations sur l’efficacité et l’équité du système.
En guise de réponse, le ministère appelle les usagers à privilégier les voies institutionnelles pour signaler toute irrégularité. Une invitation à restaurer la confiance, alors que l’enquête annoncée pourrait bien faire office de test pour la crédibilité des réformes engagées.

