Du 7 au 9 avril, Marrakech a accueilli le GITEX Africa Morocco 2026, vitrine des innovations et stratégies numériques africaines. Dans une séquence dédiée à la ZLECAf, son secrétaire général, Wamkele Mene, a présenté le numérique comme un levier central de l’intégration économique du continent. Il a rappelé que la zone de libre-échange africaine représente 1,4 milliard de personnes pour un PIB combiné de 3.400 milliards de dollars, un cadre propice au développement des échanges digitaux.
La présentation s’appuie sur le protocole sur le commerce numérique adopté par l’Union africaine en février 2025, qualifié par Mene de « premier du genre au monde ». Ce cadre juridique harmonise les réglementations, facilite les transactions numériques et structure le marché continental. L’interopérabilité des systèmes de paiement, la modernisation des infrastructures et l’implication du secteur privé sont au cœur de cette stratégie pour limiter la fragmentation et fluidifier les échanges transfrontaliers.
Selon la Société financière internationale, l’économie numérique africaine pourrait atteindre 721 milliards de dollars en 2050, portée par l’essor du mobile money, la progression des startups et la démocratisation de l’internet mobile. Cependant, l’Afrique dispose aujourd’hui de moins de 2 % des capacités mondiales de data centers, ce qui nécessite plus de 700 centres supplémentaires d’ici 2035 pour soutenir cette croissance.
Le Maroc apparaît comme un point d’ancrage opérationnel, avec ses initiatives de digitalisation et la création d’emplois pour les jeunes actifs. L’ambassadeur du Cameroun, Mouhamadou Youssifou, a ajouté une dimension souveraine à cette dynamique : la maîtrise des infrastructures et des données devient un enjeu stratégique. Il a souligné la nécessité d’une intelligence artificielle éthique et transparente, alignée sur les objectifs de la ZLECAf.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 500 millions de comptes actifs de mobile money et un taux de pénétration des smartphones de 60 %. La Banque africaine de développement estime que l’économie numérique pourrait générer 2.900 milliards de dollars dès 2030, avec un impact supplémentaire de 1.000 milliards de dollars sur le PIB grâce à l’intelligence artificielle d’ici 2035. Entre cadre réglementaire, infrastructures et souveraineté, l’Afrique semble décidée à franchir un cap numérique décisif.

