À moins de trois mois de la Coupe du monde 2026, la Côte d’Ivoire aborde sa préparation avec ambition mais aussi avec de nombreuses interrogations. Qualifiés pour le rendez-vous mondial aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les Éléphants savent que leur potentiel ne suffira pas sans corrections profondes dans plusieurs secteurs de jeu.
Le premier chantier concerne l’attaque. Malgré une génération talentueuse emmenée par Simon Adingra, Amad Diallo, Haller ou encore Nicolas Pépé, le rendement offensif reste insuffisant. Aucun véritable buteur ne s’est imposé comme une référence internationale. Les statistiques des attaquants ivoiriens restent en deçà des standards des grandes nations, avec une irrégularité chronique dans la finition et une dépendance aux exploits individuels.
La défense, elle, constitue le principal point de satisfaction. Solide et disciplinée, elle s’appuie sur des cadres comme Evan Ndicka, Ousmane Diomandé ou Odilon Kossounou. Toutefois, des fragilités persistent, notamment dans la concentration en fin de match et sur le couloir gauche, encore sans véritable spécialiste. Face à des adversaires plus tranchants, ces erreurs pourraient coûter cher.
Au milieu de terrain, la question du renouvellement se pose. Le secteur repose encore sur des joueurs expérimentés tels que Franck Kessié, Seko Fofana ou Jean-Michael Séri. Si leur vécu constitue un atout, leur forme physique et leur capacité à maintenir un haut niveau d’intensité sur l’ensemble de la compétition interrogent, ouvrant la porte à une transition générationnelle progressive.
Enfin, les choix tactiques du sélectionneur Emerse Faé sont scrutés. Si son efficacité n’est pas remise en cause, sa gestion des systèmes et des profils divise. Les adaptations parfois jugées incohérentes perturbent l’équilibre collectif et limitent l’expression de certains joueurs à leurs postes naturels.
À quelques mois du Mondial, la Côte d’Ivoire avance donc entre certitudes et doutes. Le talent est bien présent, mais la réussite dépendra de la capacité du staff à transformer cette richesse en collectif cohérent et performant sur la scène mondiale.

