Les rebelles touaregs ont annoncé dimanche avoir conclu un accord avec les soldats russes de l’Africa Corps, permettant le retrait de ces derniers de la ville stratégique de Kidal, dans le nord du Mali. Cette évolution intervient dans un contexte de fortes tensions militaires et de recomposition rapide des équilibres sécuritaires dans plusieurs régions du pays.
Selon un responsable des groupes rebelles cité par l’AFP, l’accord aurait permis aux forces russes et à leurs alliés de l’armée malienne de quitter le « Camp 2 », où ils étaient retranchés depuis la veille. Une source diplomatique a également confirmé que les combattants russes présents à Kidal auraient coordonné leur retrait avec les éléments du Front de libération de l’Azawad (FLA), principal mouvement rebelle touareg.
Sur le terrain, plusieurs témoins font état de mouvements militaires visibles dans la ville. Un habitant de Kidal a affirmé avoir observé un convoi quitter les positions occupées, tout en indiquant ne pas disposer de détails sur les modalités exactes de l’accord. Dans le même temps, des sources locales rapportent que des groupes armés contrôlent désormais les principales rues de la ville.
Dans la foulée de ces événements, les rebelles touaregs ont revendiqué le contrôle « total » de Kidal, une localité hautement stratégique et symbole des rapports de force dans le nord du Mali. Cette annonce intervient après des affrontements qui avaient repris dans la matinée de dimanche avant de s’interrompre progressivement.
La situation demeure toutefois volatile dans d’autres régions du pays. À Gao, les combats auraient cessé, mais des combattants rebelles resteraient positionnés aux abords de la ville, selon un élu local. À Sévaré, dans le centre du Mali, la situation est décrite comme « confuse », avec des coups de feu encore entendus par endroits. Dans la zone de Kati, près de Bamako, des tirs signalés dans la matinée ont cessé dans l’après-midi, laissant place à un retour progressif au calme.
Ces développements illustrent la fragilité persistante du contrôle sécuritaire dans plusieurs zones du Mali, où les rapports de force semblent évoluer rapidement entre forces gouvernementales, alliés étrangers et groupes armés locaux. Le retrait annoncé des soldats russes de Kidal soulève également des interrogations sur la stratégie militaire en cours dans le nord du pays et sur la capacité des forces engagées à maintenir des positions avancées dans un environnement hautement instable.
Dans ce contexte mouvant, la situation sur le terrain reste incertaine, et les différentes revendications de contrôle territoriale témoignent d’une recomposition rapide des équilibres militaires dans le nord et le centre du Mali.

