Les autorités maliennes font face à une nouvelle bataille, cette fois sur le terrain judiciaire international. Trois organisations de défense des droits humains – Trial International, l’Union panafricaine des avocats (PALU) et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) – ont saisi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CAfDHP), le 20 avril 2026. Elles demandent que la responsabilité de l’État soit reconnue dans de présumées exactions commises contre des civils en 2022.
Au cœur de la procédure figurent les événements de Moura et Hombori, dans le centre du Mali. Les ONG évoquent plus de 500 civils tués à Moura lors d’opérations impliquant les Forces armées maliennes (FAMa) et des partenaires russes associés à Wagner, aujourd’hui désigné Africa Corps. Sont aussi mentionnés des cas de torture, détentions arbitraires, violences sexuelles et disparitions forcées.
Les organisations s’appuient sur plusieurs rapports de documentation, notamment ceux du Berkeley Human Rights Center et de l’initiative INPACT – All Eyes On Wagner. Elles estiment que l’État malien aurait manqué à ses obligations de prévention des violations, de protection des populations civiles et de poursuite des responsables présumés.
Cette saisine est présentée comme potentiellement historique pour la jurisprudence africaine en matière de droits humains. Du côté de Bamako, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée. Par le passé, les autorités maliennes ont rejeté ces accusations, affirmant que leurs partenaires russes interviennent uniquement comme instructeurs et formateurs militaires.

