Depuis la vague de coups d’État enregistrée entre 2021 et 2023, l’Afrique présente un paysage politique fragmenté où les transitions militaires n’ont pas évolué de manière uniforme. Dans ces cinq pays, des officiers supérieurs ont pris les rênes de l’État, chacun avec un agenda politique et diplomatique distinct.
En Guinée, le pouvoir est aux mains de l’axe incarné par le colonel Mamady Doumbouya, arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021. Sa transition s’est structurée autour d’une volonté de refondation institutionnelle, avec une communication relativement maîtrisée et des engagements progressifs vers un retour à l’ordre constitutionnel. Le pays met en avant des perspectives économiques et une tentative de stabilisation de ses institutions.
Au Mali, la transition est dirigée par le colonel Assimi Goïta, installé durablement depuis mai 2021. Son régime s’est inscrit dans une logique de rupture avec certains partenaires traditionnels, tout en réorganisant profondément la scène politique nationale dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu.
Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré dirige la transition depuis le 30 septembre 2022. Son pouvoir s’est construit sur un discours de souveraineté et de reconquête territoriale face aux groupes armés, mais le pays reste confronté à une insécurité persistante.
Au Niger, le général Abdourahamane Tiani a pris le pouvoir le 26 juillet 2023. Sa gouvernance s’est accompagnée d’un repositionnement diplomatique marqué et de tensions avec la CEDEAO et certains partenaires occidentaux, dans un contexte de fortes contraintes sécuritaires internes.
À l’opposé de ces dynamiques sahéliennes, le Gabon connaît une transition plus récente, conduite par le général Brice Oligui Nguema, arrivé au pouvoir le 30 août 2023. Son action est davantage orientée vers la stabilisation institutionnelle et une ouverture progressive du jeu politique, avec une volonté affichée de normalisation et de continuité administrative.
Ainsi, deux trajectoires se dessinent clairement : d’un côté, des transitions comme celles du Gabon et de la Guinée, qui cherchent à se structurer dans un cadre institutionnel et diplomatique relativement apaisé ; de l’autre, celles du Mali, du Burkina Faso et du Niger, marquées par des ruptures politiques fortes, une recomposition de l’espace public et une insécurité persistante qui continue de fragiliser les États.

