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Bénin : 15 soldats tués dans une attaque djihadiste au nord

Vendredi 6 Mars 2026 - 11:27

Une base militaire béninoise a été attaquée par des combattants liés à Al-Qaïda près de la frontière nigérienne, faisant 15 morts parmi les soldats.


Le nord du Bénin a été frappé par une nouvelle attaque meurtrière attribuée à des groupes djihadistes. Mercredi, des combattants affiliés à Al-Qaïda ont pris pour cible une base militaire béninoise située à Kofouno, près de la frontière entre le Bénin et le Niger. Selon l’armée béninoise, l’assaut a coûté la vie à 15 soldats et fait cinq blessés.
L’attaque a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche sahélienne d’Al-Qaïda, actif dans plusieurs pays du Sahel. Le porte-parole de l’armée béninoise, le colonel James Johnson, a indiqué que les soldats blessés ne sont pas en danger. Il a également précisé que les forces béninoises ont riposté lors de la fuite des assaillants, menant des frappes aériennes qui auraient permis de neutraliser au moins quatre terroristes.
Selon une source militaire présente dans la région, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat, les pertes pourraient être importantes et des opérations de ratissage sont actuellement en cours pour retrouver les assaillants. Le réseau de journalistes spécialisés dans les questions de sécurité Wamaps rapporte par ailleurs que la base militaire a été pillée puis incendiée durant l’attaque.
Depuis plusieurs années, l’Afrique de l’Ouest est confrontée à une intensification des violences liées aux groupes djihadistes, notamment le JNIM et l’État islamique. Les pays du Sahel comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont les plus touchés, dans un contexte d’instabilité politique et de coups d’État militaires successifs.
Cependant, ces dernières années, l’insécurité s’est progressivement étendue vers les pays côtiers du golfe de Guinée, notamment le Bénin et le Togo. Le nord du Bénin est devenu particulièrement vulnérable aux incursions de groupes armés opérant depuis les zones frontalières.
L’année 2025 a été l’une des plus meurtrières pour les forces de sécurité béninoises. En avril dernier, une attaque attribuée au JNIM avait déjà fait 54 morts dans les rangs de l’armée.
Pour contenir cette menace, les autorités béninoises ont lancé en 2022 une opération de sécurisation des frontières, avec le déploiement de 3 000 soldats dans les zones sensibles. Depuis, 5 000 militaires supplémentaires ont été recrutés afin de renforcer la présence sécuritaire dans la région septentrionale.
Selon plusieurs experts, le JNIM recrute de plus en plus au sein des populations locales et étend progressivement son influence vers les pays du golfe de Guinée. Le groupe y combine prosélytisme religieux, activités logistiques et attaques ponctuelles, sans pour autant contrôler de vastes territoires comme au Sahel.
La zone frontalière entre le Bénin, le Niger et le Nigeria est désormais considérée comme un nouveau foyer de violence djihadiste, d’après une étude récente du groupe d’analyse des conflits ACLED. Un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies publié récemment indique également que le JNIM aurait nommé un émir chargé de superviser ses activités au Bénin, signe d’une implantation croissante dans la région.
Cette attaque intervient à quelques semaines de l’élection présidentielle prévue dans le pays, dans un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant pour les autorités béninoises.

Félix N'Guessan

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