Les 9 et 10 mai à Alger, la 12e édition du Forum africain de l’investissement et du commerce a été dominée par un appel fort en faveur de l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les participants ont insisté sur la nécessité de faire de ce projet un véritable moteur d’intégration économique et de transformation structurelle du continent.
Présentée comme l’un des projets phares de l’Union africaine, la ZLECAf représente un marché potentiel de plus de 1,4 milliard d’habitants et un PIB combiné estimé à plus de 3 000 milliards de dollars. Son objectif est de faciliter les échanges intra-africains, encore limités à environ 15 % du commerce total du continent, selon la Banque africaine de développement et la Commission économique pour l'Afrique.
Les débats ont mis l’accent sur la nécessité de réduire la dépendance de l’Afrique aux exportations de matières premières non transformées. Les participants ont plaidé pour le développement de chaînes de valeur locales et le renforcement de la transformation industrielle afin de créer davantage d’emplois et de valeur ajoutée sur le continent.
Une attention particulière a été accordée au rôle des start-up et des PME dans cette dynamique. Les intervenants ont estimé que l’innovation, notamment dans les secteurs du numérique, des services financiers, de la logistique et de l’agriculture, constitue un levier essentiel pour accélérer l’intégration économique africaine.
Plusieurs responsables ont également souligné les défis persistants liés aux barrières tarifaires, aux disparités réglementaires et aux insuffisances des infrastructures. Malgré ces contraintes, ils ont salué les avancées progressives dans l’harmonisation des politiques économiques entre États africains.
La représentante de l’Union africaine a insisté sur la nécessité d’une meilleure valorisation des ressources locales pour réduire la vulnérabilité du continent face aux fluctuations des marchés internationaux. De son côté, le Conseil économique africain a estimé que des progrès notables ont été réalisés dans la coordination des politiques commerciales.
Les représentants des douanes ont reconnu que la ZLECAf produit déjà certains effets positifs, tout en soulignant que sa mise en œuvre reste encore partielle et nécessite du temps pour produire pleinement ses impacts économiques.
Dans ce contexte, les participants ont réaffirmé leur engagement à accélérer l’opérationnalisation de la ZLECAf afin de faire de l’Afrique un marché intégré, compétitif et capable de soutenir une croissance durable et inclusive.

