Depuis la série de coups d’État survenue entre 2020 et 2023, plusieurs militaires ont pris le pouvoir en Afrique de l’Ouest. Parmi eux, le Mali, le Burkina Faso et le Niger se sont progressivement mis en rupture de ban avec leurs voisins, accusant notamment la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Nigeria d’agir comme relais de la France pour déstabiliser leurs pays. Qu’elles soient fondées ou non, ces accusations ont conduit les dirigeants de ces trois pays — unis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) — à multiplier provocations, menaces et accusations à l’encontre des pays de la CEDEAO, dont la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Nigeria.
Dans ce contexte de tension, la montée en puissance militaire devient particulièrement préoccupante. Les pays de l’AES se surarment, tandis que leurs relations politiques avec leurs voisins s’exacerbent. Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte au Burkina Faso, a ainsi prévenu ses soldats : « Préparez-vous à une guerre de haute intensité. » Contre qui ? La question reste ouverte, car ces préparations ne ciblent pas prioritairement les groupes terroristes. Les dirigeants de l’AES se disent prêts à défendre leur « souveraineté » face aux « impérialismes » désignés, à commencer par la France et ses supposés alliés régionaux.
Au Niger et au Burkina Faso, les accusations contre la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Nigeria sont récurrentes. Le président Abdourahamane Tiani du Niger, qui pointe régulièrement la Côte d’Ivoire, a récemment menacé le chef de l’État ivoirien en se déclarant prêt à « rugir » après une attaque sur la base militaire 101 de Niamey, sans fournir de preuves concrètes. Dans ce climat, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Nigeria apparaissent comme les « souffre-douleurs » de l’AES.
De leur côté, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Bénin adoptent une approche plus discrète mais stratégique. Comme le dit l’adage : « Qui veut la paix prépare la guerre. » Le Nigeria modernise ainsi son armée de l’air avec 24 avions M-346FA italiens, incluant formation des pilotes et soutien logistique, avec des livraisons prévues jusqu’à mi-2026. La Côte d’Ivoire investit plus de 400 milliards de francs CFA dans des Mirage 2000-9, des hélicoptères Mi-24 et Mi-17, ainsi que dans des avions de transport et de surveillance, tout en renforçant ses effectifs et en participant à des exercices régionaux et internationaux comme Flintlock 2026 et Touraco 2026.
Cette dynamique illustre une véritable course aux armements en Afrique de l’Ouest, où la puissance aérienne et technologique devient un vecteur clé de sécurité, de projection militaire et d’influence. Entre menaces verbales et acquisitions stratégiques, la région assiste à une montée des tensions, chaque pays cherchant à protéger ses intérêts et à s’affirmer face à ses voisins.

