Le Bénin s’apprête à vivre un moment politique décisif. Le 12 avril 2026, les électeurs sont appelés aux urnes pour désigner leur nouveau président de la République, pour un mandat exceptionnel de sept ans, à la suite de la révision constitutionnelle de novembre 2025. Un éventuel second tour est prévu le 10 mai.
Fidèle à son engagement, le président sortant Patrice Talon ne se représente pas après deux mandats. La compétition oppose deux tickets validés par la Commission électorale et la Cour constitutionnelle. D’un côté, Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et des Finances, associé à la vice-présidente Mariam Chabi Talata. De l’autre, Paul Hounkpè, chef des Forces Cauris pour un Bénin Émergent, accompagné du journaliste Judicael Hounwanou.
Au-delà de l’affrontement politique, un enjeu majeur se dessine : la mobilisation de la diaspora. Le ministre des Affaires étrangères Olushegun Adjadi Bakari insiste sur le rôle stratégique de ces Béninois vivant à l’étranger, considérés comme une « extension vivante » de la nation.
Dans cette optique, la diplomatie béninoise s’articule autour du concept 4D : disponibilité, diaspora, digital et développement. Cette approche vise à rapprocher l’État de ses citoyens, notamment via des services en ligne et la mise en place du Registre des Béninois de l’étranger.
Pour la première fois, la diaspora pourra voter dans plusieurs grandes villes africaines et occidentales, de Abidjan à Paris, en passant par Lagos, Montréal ou New York City. Une avancée significative qui renforce l’inclusion politique de cette communauté.
À travers cet appel à la participation, les autorités béninoises rappellent une conviction forte : la nation dépasse ses frontières géographiques. Le vote devient ainsi un acte d’appartenance et de responsabilité. Le 12 avril, c’est aussi depuis l’étranger que se jouera une part de l’avenir du Bénin.

