À Abidjan, la sixième et dernière revue du Programme économique et financier liant la Côte d’Ivoire au Fonds monétaire international (FMI) s’ouvre sous des auspices favorables. Conclu en mai 2023, ce programme, couplé à la Facilité pour la résilience et la durabilité lancée en 2024, arrive à un tournant décisif, marqué par des performances économiques jugées solides par les deux parties.
Une croissance robuste malgré les chocs
Portée par les services, les hydrocarbures et le secteur minier, l’économie ivoirienne a affiché un taux de croissance de 6,6 % en 2025, contre 6,0 % en 2024. Une dynamique que le ministre de l’Économie et des Finances, Adama Coulibaly, attribue à la résilience du tissu économique face aux chocs internationaux, notamment les séquelles de la pandémie de COVID-19 et les tensions géopolitiques.
Du côté du FMI, la cheffe de mission pour le pays, Geneviève Verdier, salue un rétablissement progressif mais solide des équilibres macroéconomiques, fruit des réformes engagées depuis plusieurs années.
Inflation maîtrisée et finances assainies
Autre indicateur clé : l’inflation, qui a connu une baisse spectaculaire, passant de 5,2 % en 2022 à seulement 0,1 % fin 2025. Une performance attribuée aux mesures de lutte contre la vie chère et à un contexte international plus favorable, notamment avec la hausse des cours du cacao.
Sur le plan budgétaire, les efforts de consolidation ont permis de ramener le déficit public à 3,0 % du PIB en 2025, contre 6,8 % trois ans plus tôt. Cette amélioration repose en grande partie sur une mobilisation accrue des recettes fiscales, désormais proches de 15 % du PIB.
Des équilibres extérieurs renforcés
L’amélioration des termes de l’échange, combinée à une meilleure gestion des flux extérieurs, a contribué à réduire les déséquilibres et à renforcer les réserves de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Un signal positif pour la stabilité financière dans l’ensemble de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
« La Côte d’Ivoire aborde 2026 en récoltant les fruits d’une stabilisation durement acquise », a souligné Geneviève Verdier, mettant en avant une trajectoire désormais mieux maîtrisée.
Vers une consolidation des acquis
Cette ultime revue ne se limite pas à un exercice d’évaluation. Elle ouvre la voie à un bilan global des programmes et à l’identification de nouvelles priorités, à travers des échanges approfondis entre les équipes du FMI et les autorités nationales.
Pour Adama Coulibaly, l’enjeu est désormais clair : maintenir le cap des réformes afin de préserver la stabilité macroéconomique, garantir la soutenabilité de la dette et renforcer la résilience face aux incertitudes mondiales.
À l’heure des bilans, la Côte d’Ivoire semble ainsi confirmer sa place parmi les économies les plus dynamiques du continent, portée par une gouvernance économique rigoureuse et une vision de long terme.

