Pour sa première prise de parole officielle à Malabo, le pape Léon XIV a livré un discours à forte portée politique et morale, appelant les autorités de Guinée équatoriale à renforcer l’État de droit, la justice sociale et la responsabilité des dirigeants dans un contexte de profondes inégalités.
Accueilli avec les honneurs par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979, le souverain pontife s’est adressé aux autorités, représentants de la société civile et diplomates réunis au Palais du Peuple. Il a exhorté le pays à se mettre « au service du droit et de la justice », rappelant que la mission des gouvernants est d’incarner les aspirations des citoyens à la liberté, à la dignité et à l’équité.
S’inscrivant dans la continuité de ses prédécesseurs, Léon XIV a évoqué la tradition de Jean-Paul II, déjà venu dans le pays il y a plusieurs décennies, affirmant vouloir « affermir la foi et accompagner un peuple en transformation rapide ».
Dans une réflexion d’inspiration théologique, il s’est appuyé sur Saint Augustin et La Cité de Dieu pour distinguer la « cité terrestre » de la « cité céleste ». Selon lui, cette vision invite à orienter l’action politique vers la paix, la justice et l’amour du bien commun, sans constituer pour autant un programme politique.
Le pape a également salué la nouvelle capitale, Ciudad de la Paz, y voyant un symbole d’espérance et une opportunité pour repenser le développement national autour de la réconciliation et du bien-être collectif, notamment pour la jeunesse.
Sur le plan économique, Léon XIV a dénoncé ce qu’il a qualifié « d’économie de l’exclusion », où coexistent progrès technologique et pauvreté persistante. Il a critiqué l’usage des innovations au service de logiques de domination ou de conflits, au détriment des populations.
Abordant la question des ressources naturelles, il a établi un lien entre leur exploitation et les conflits armés, dénonçant la « convoitise des richesses » qui alimente les tensions et fragilise le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Dans un pays régulièrement critiqué par les organisations internationales pour la restriction des libertés publiques et la concentration des richesses, cette prise de position intervient dans un contexte politique sensible. Le Vatican doit ainsi maintenir un équilibre entre dialogue institutionnel et soutien moral aux populations.
Sur le terrain, les réactions restent contrastées, entre espoir d’un changement et scepticisme face à l’impact réel des déclarations papales.
En conclusion, Léon XIV a appelé à un engagement renouvelé en faveur de la jeunesse et de l’éducation, invitant la Guinée équatoriale à adopter des politiques courageuses centrées sur le bien commun. « Les peuples ont faim et soif de justice », a-t-il affirmé.
Source : Vatican News

