À l’Assemblée nationale française, la loi Yadan, portée par la députée macroniste Caroline Yadan, cristallise les tensions. Conçue pour lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme, elle élargit notamment le délit d’apologie du terrorisme et crée un cadre légal contre tout appel à la destruction ou la négation d’un État, Israël en l’occurrence. Sylvain Maillard, député du groupe Ensemble pour la République, défend ce texte : « L'antisionisme est une forme moderne d'antisémitisme. C'est un délit en France, puni d’un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. »
Mais le projet de loi suscite une forte opposition. Socialistes et Verts dénoncent un flou juridique et une assimilation des juifs de France à l’État d’Israël, estimant que le texte est inefficace et liberticide. Pour Gabrielle Cathala (LFI), la loi « protège la politique israélienne et non les personnes juives ». Le débat est enflammé : une pétition contre le texte a recueilli plus de 500 000 signatures en moins de dix jours, ouvrant la possibilité d’un débat sans vote dans l’hémicycle.
Après un passage difficile en commission et face à la mobilisation citoyenne, le rapport de force politique semble évoluer. Les socialistes ont annoncé un vote contre, tandis que le MoDem appelle au retrait temporaire du texte. Caroline Yadan réfute les critiques, affirmant que la loi a intégré les recommandations du Conseil d’État et dénonce des « contre-vérités factuelles » dans la pétition. L’examen en séance est prévu les 16 et 17 avril, et la polémique est loin de retomber.
