Le rapport annuel 2025-2026 de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) dresse un constat préoccupant sur la préparation des élections générales prévues en 2028 en République démocratique du Congo. À moins de deux ans du prochain cycle préparatoire, l’institution fait face à une accumulation de contraintes financières, logistiques et sécuritaires qui compromettent sérieusement son calendrier.
Le sous-financement apparaît comme le principal obstacle. Sur les 315,9 milliards de francs congolais sollicités en 2025, la Céni n’a obtenu qu’environ la moitié, dont une faible part réellement décaissée. Les activités essentielles de préparation du scrutin ont été réduites à leur minimum, une grande partie des ressources ayant servi à régler des arriérés des élections précédentes. Résultat : plusieurs opérations prévues, dont l’enrôlement et la mise à jour des outils électoraux, ont été retardées ou annulées.
À cette situation budgétaire s’ajoute une dégradation du patrimoine matériel. Un incendie survenu en novembre 2025 a détruit une partie importante des stocks logistiques, aggravé par des vols et des destructions dans plusieurs provinces, notamment dans les zones affectées par les conflits armés à l’Est. Des milliers de kits électoraux et équipements essentiels ont été perdus ou pillés.
Sur le plan technique, la Céni souligne également l’obsolescence du fichier électoral, les incohérences de la cartographie et les limites des infrastructures de communication. Ces faiblesses structurelles retardent la modernisation du système électoral.
Enfin, l’absence de renouvellement institutionnel imminent et les tensions politiques autour du calendrier accentuent les incertitudes. Dans ce contexte, la tenue des élections de 2028 dans les délais constitutionnels apparaît de plus en plus conditionnée à des décisions politiques et financières urgentes.
