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Mali : les droits humains sous pression, alerte un expert

Jeudi 26 Mars 2026 - 09:04

Un expert de l’ONU alerte sur le recul des libertés au Mali, marqué par répression, insécurité persistante et climat de peur.


Assimi Goïta
Assimi Goïta
 

Le Mali traverse une zone de turbulences où les libertés fondamentales semblent de plus en plus fragilisées. La récente condamnation à deux ans de prison ferme du journaliste Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal L’Alternance, illustre cette tendance préoccupante. En cause : la publication d’une tribune critique à l’égard du pouvoir nigérien, un sujet visiblement jugé sensible par les autorités de transition.
 

Cet épisode s’inscrit dans un contexte déjà tendu, marqué par les conclusions alarmantes du rapport de l’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits humains au Mali. Chargé d’évaluer la période du 4 avril au 30 novembre 2025, Eduardo Gonzalez dresse un constat sans détour : la liberté d’expression se réduit comme peau de chagrin.
 

Selon l’expert onusien, la répression des voix critiques ne se limite plus aux poursuites judiciaires. Elle s’étend à des pratiques plus inquiétantes, notamment des disparitions forcées ou involontaires attribuées à des services de sécurité. Une situation qui alimente un climat de peur et pousse certains acteurs de la société civile à l’exil.
 

Un observateur malien, ayant requis l’anonymat, décrit une dérive profonde : « Le pays s’enfonce dans une régression démocratique, marquée par des violations massives des droits humains et une impunité structurelle. » À ses yeux, la transition militaire a progressivement laissé place à une concentration du pouvoir, justifiée par des impératifs sécuritaires qui, paradoxalement, n’ont pas permis d’enrayer la dégradation de la situation sur le terrain.
 

Sur le plan sécuritaire, le constat est tout aussi préoccupant. La violence s’étend désormais vers le sud et le sud-ouest du pays, touchant davantage de populations civiles. Les exactions imputées aux forces armées maliennes et à leurs alliés, mais aussi aux groupes djihadistes, se multiplient. Entre avril et juin 2025, pas moins de 905 cas de violences basées sur le genre ont été recensés, tandis qu’au total près de 14 000 violations des droits humains ont été documentées sur la période étudiée, illustrant l’ampleur de la crise.
 

Dans le même temps, la dissolution des partis politiques en mai et l’attribution d’un mandat de cinq ans renouvelable au général Assimi Goïta ont renforcé les inquiétudes sur l’avenir démocratique du pays. Pour Kadidia Fofana, aujourd’hui en exil, la situation traduit une « dérive systémique », avec un pouvoir déterminé à neutraliser toute contestation, au risque d’aggraver la crise politique et sociale.
 

Face à ces critiques, les autorités maliennes rejettent fermement les accusations, dénonçant des « spéculations » et des « allégations » qu’elles jugent déconnectées de la réalité du terrain. Pour certains responsables, la priorité reste ailleurs. C’est notamment la position de Fousseynou Ouattara, pour qui les préoccupations majeures des Maliens concernent avant tout leur bien-être, notamment la souveraineté alimentaire. Il affirme que la population continue de s’exprimer librement, en dehors du cadre partisan.
 

Malgré quelques avancées relevées, comme l’adoption de textes juridiques ou la création d’infrastructures judiciaires à Mopti, Eduardo Gonzalez estime que ces efforts restent insuffisants pour inverser une tendance jugée préoccupante. Entre impératifs sécuritaires, tensions politiques et restrictions des libertés, le Mali apparaît aujourd’hui à la croisée des chemins, confronté à des choix déterminants pour son avenir institutionnel et social.

 
 
Félix N'Guessan

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