Un pouvoir fragilisé par les tensions internes
L’élection de Bassirou Diomaye Faye, rendue possible par l’empêchement de Ousmane Sonko, avait scellé une alliance politique forte. Pourtant, cette entente s’est progressivement transformée en rivalité ouverte.
Aujourd’hui, chacun consolide son propre camp : le président s’appuie sur la coalition « Diomaye Président », tandis que son Premier ministre garde le contrôle du Pastef. Cette dualité de leadership fragilise les institutions et alimente un climat politique tendu, jusque dans l’hémicycle.
À l’approche des échéances locales, la perspective d’une rupture devient de plus en plus crédible, faisant planer un risque d’instabilité durable au sommet de l’État.
Entre attentes sociales et contraintes économiques
Sur le plan social, l’impatience grandit, notamment chez les jeunes qui avaient massivement soutenu le changement. À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et dans d’autres campus, les mouvements de protestation se multiplient, portés par des revendications sur les bourses et les conditions de vie.
Parallèlement, la situation économique reste préoccupante. L’endettement élevé et les tensions avec le Fonds monétaire international compliquent les marges de manœuvre du gouvernement, contraint d’instaurer de nouvelles taxes pour mobiliser des ressources.
Malgré des avancées en matière de gouvernance, notamment dans la lutte contre la corruption et le retrait du pays de la liste grise du Groupe d'action financière, les résultats tardent à se traduire dans le quotidien des Sénégalais.
Dans ce contexte, l’avenir du tandem au pouvoir reste incertain. Entre ambitions politiques, pression sociale et défis économiques, le Sénégal joue une séquence décisive de son histoire récente.

