La campagne présidentielle béninoise entre dans sa dernière ligne droite. À seulement huit jours du scrutin du 12 avril 2026, la tension monte et les stratégies se précisent. Mais certains acteurs politiques, comme Les Démocrates, choisissent la prudence. Héritiers de l’ex-président Thomas Boni Yayi, ils ont tenu un Conseil national extraordinaire le samedi 4 avril, et livré une analyse mesurée du duel électoral, sans toutefois donner de consigne de vote.
Sous la houlette de Nourénou Atchadé, le parti a examiné les programmes des deux duos en lice. Verdict : plusieurs revendications fondamentales, portées depuis longtemps par Les Démocrates, figurent désormais dans les offres politiques. Libertés individuelles, volet social, consolidation démocratique et respect de l’État de droit sont désormais inscrits sur l’agenda des candidats. Une reconnaissance bienvenue, mais qui ne vaut pas ralliement. Le parti se positionne comme simple « observateur intéressé », laissant chaque électeur libre de son choix.
Dans cette présidentielle, deux visions s’affrontent. D’un côté, le tandem de la mouvance présidentielle, avec Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata. De l’autre, le duo de l’opposition modérée du FCBE, Paul Hounkpè et Rock Hounwanou. Les électeurs indécis, ou déçus par les scrutins passés, représentent le cœur de la manœuvre. Sans consigne officielle, Les Démocrates conservent une influence sur ce segment, héritée de l’ère Yayi Boni.
Le Conseil national a également dénoncé l’usage frauduleux des logos et symboles du parti par des groupes non identifiés incitant à l’abstention, rappelant que ce n’est pas sa position officielle. Par ailleurs, plusieurs cadres ont été suspendus pour « indiscipline », une décision visant à redynamiser l’organisation et à prévenir toute exploitation des divisions internes par des adversaires.
Cette prise de parole stratégique permet aux Démocrates de préserver leur liberté de jugement et leur influence pour l’après-élection. Leur silence, tout en restant attentif à la campagne, pourrait être perçu comme un soutien implicite à l’opposition modérée, bien que démenti par la direction. Une chose est certaine : les attentes des citoyens en matière de libertés et d’État de droit ne sont plus ignorées, et les candidats devront désormais prouver qu’ils en ont pris la mesure.

