Un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW) révèle de graves violations des droits humains commises lors de l’occupation d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026. Selon le document, fondé sur plus de 130 témoignages, au moins 62 personnes auraient été exécutées sommairement, dont 53 civils, tandis que des dizaines d’autres auraient subi violences sexuelles, enlèvements ou enrôlements forcés.
Les faits se seraient déroulés pendant une opération conjointe impliquant les combattants du M23 et des forces rwandaises, entrés dans la ville peu après un accord de paix signé entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis. Cette occupation, qui n’a duré que cinq semaines, aurait été marquée par des raids « maison par maison », des exécutions dans les rues et des disparitions massives.
Selon HRW, les victimes étaient souvent accusées de liens présumés avec les milices Wazalendo, groupes armés locaux alliés à l’armée congolaise. Plusieurs hommes et adolescents auraient été abattus sur place, tandis que d’autres auraient été arrêtés puis portés disparus. L’ONG évoque également la découverte de fosses communes, laissant penser que le bilan réel pourrait être plus élevé.
Le rapport décrit aussi des enlèvements de masse et des cas d’enrôlement forcé au sein du M23. Des femmes et des filles auraient été victimes de violences sexuelles, parfois sous la menace d’armes, dans un contexte où les structures sanitaires locales étaient fortement perturbées. HRW estime que ces actes pourraient constituer des crimes de guerre et appelle à des enquêtes indépendantes ainsi qu’à des poursuites judiciaires.
L’organisation pointe également la responsabilité du Rwanda, en raison de son soutien présumé au M23 et de la présence de ses forces sur le terrain. Kigali rejette fermement ces accusations.
Sur le plan humanitaire, la situation reste critique. Des millions de personnes ont été déplacées dans l’est du pays et les cas de violences sexuelles restent élevés, selon les Nations unies et l’UNICEF. L’occupation d’Uvira s’inscrit ainsi dans une série de violences persistantes dans la région des Grands Lacs.
Face à ces accusations, Kinshasa a dénoncé de graves crimes et saisi la Cour pénale internationale. Les Nations unies ont annoncé leur soutien aux enquêtes, tandis que la communauté internationale appelle à la retenue et à la poursuite du processus de paix. Malgré le retrait du M23 d’Uvira, les habitants vivent toujours dans la peur, entre traumatismes et fosses communes laissées derrière eux.

