À la veille du premier congrès ordinaire du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire, la direction du parti a choisi la manière forte. Deux communiqués signés par le secrétaire général Jean-Gervais Tchéidé ont officialisé une vaste série de sanctions visant plus de soixante responsables et militants accusés d’avoir défié la ligne politique définie par Laurent Gbagbo lors des élections de 2025.
La sanction la plus lourde politiquement concerne Ahoua Don Mello. Ancien vice-président exécutif du parti, son dossier est désormais « déféré au Congrès », une procédure exceptionnelle qui laisse aux congressistes le soin de décider de son maintien ou de son exclusion définitive. Cette décision intervient après plusieurs mois de tensions liées à sa candidature maintenue à la présidentielle de 2025, malgré la désignation officielle de Laurent Gbagbo comme candidat du parti.
Deux autres cadres subissent le même sort : Ahilé Fernand, proche soutien de Don Mello, et Kanga Kacou Antoine, député-maire de M’Batto récemment passé au RHDP. Tous trois sont suspendus de toute activité interne et privés de parole au nom du parti jusqu’à la décision finale du congrès.
Dans le groupe des sanctions de 18 mois figurent plusieurs personnalités influentes du parti, notamment Stéphane Kipré. L’ancien premier vice-président exécutif paie sa participation aux législatives de 2025, en contradiction avec le mot d’ordre de boycott lancé par la direction. Même sanction pour Georges Armand Ouégnin, déjà écarté du Conseil stratégique et politique en novembre dernier.
D’autres responsables écopent de suspensions de douze, six ou trois mois, parmi lesquels Arthur Dally, Blaise Lasme et plusieurs cadres locaux du parti. Au-delà des sanctions individuelles, cette vague disciplinaire traduit la volonté du PPA-CI de reprendre le contrôle après une période marquée par des divisions internes et des initiatives jugées contraires à la ligne officielle.
Lors du dernier Comité central, Laurent Gbagbo avait annoncé son intention de « régler les problèmes de rébellion interne ». À l’ouverture du congrès, le message apparaît désormais clair : la direction entend resserrer les rangs et réaffirmer son autorité, même au prix d’une exposition publique des fractures qui traversent le parti depuis les élections de 2025.

