À Moscou, la place Rouge va une nouvelle fois servi d’écrin aux célébrations du 9 mai, date hautement symbolique du « Jour de la Victoire », qui commémore la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945 à l’issue de la World War II. Mais en 2026, l’événement a pris une tournure inédite.
Pour la première fois depuis près de vingt ans, la traditionnelle parade militaire se déroule sans chars ni équipements lourds. Le défilé se recentre sur les troupes à pied, dans une mise en scène plus sobre, loin des démonstrations de puissance habituelles. Une décision officiellement justifiée par le Kremlin au nom de la sécurité, dans un contexte marqué par la poursuite du conflit en Ukraine et la crainte de menaces qualifiées de « terroristes ».
Dans son adresse, la présidence russe a également annoncé un cessez-le-feu unilatéral couvrant les 8 et 9 mai. Une initiative présentée comme un geste symbolique de respect pour la mémoire des combattants de 1945, mais accompagnée d’un avertissement ferme : toute violation entraînerait des représailles.
Malgré cette atmosphère plus contenue, le 9 mai demeure la fête patriotique la plus importante du pays. À travers le dépôt de gerbes, les concerts et les hommages aux anciens combattants, la Russie continue d’exalter le sacrifice de l’Armée rouge et la victoire sur le nazisme, pilier central du récit national.
Dans de nombreuses villes, la marche du « Régiment immortel » a également été maintenue sous des formes adaptées. Portraits de vétérans et souvenirs familiaux ont rappelé que, au-delà des enjeux géopolitiques actuels, cette journée reste profondément ancrée dans la mémoire collective russe.
