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Bamako : face à la cherté du mouton, on s’unit pour acheter le bœuf

Mercredi 20 Mai 2026 - 15:00

À quelques jours de l’Aïd El-Adha, Bamako voit ses marchés à bétail saturés, mais la hausse des prix pousse vers l’achat collectif de bœufs marches


Acheter un mouton à Bamako est devenu un luxe.
Acheter un mouton à Bamako est devenu un luxe.
 

À une dizaine de jours de l’Aïd El-Adha, les foirails de Bamako connaissent une forte affluence de bêtes destinées au sacrifice. Malgré un climat sécuritaire encore fragile et la menace d’actions armées sur certains axes, les flux de bétail vers la capitale malienne se sont maintenus, soutenus par une relative sécurisation des routes commerciales.
 

Dans les marchés, l’offre est abondante mais les prix connaissent une hausse notable. Cette inflation touche particulièrement les moutons, devenus moins accessibles pour une grande partie des ménages. Le coût élevé de l’ovin oblige ainsi de nombreux acheteurs à revoir leurs habitudes et à s’orienter vers des solutions alternatives.
 

Parmi ces adaptations, l’achat collectif de bœufs s’impose progressivement comme une réponse pragmatique. Les familles et groupes d’amis se regroupent pour acquérir un bovin, partageant ensuite la viande. Cette pratique, déjà connue localement, prend de l’ampleur à mesure que le prix des moutons grimpe.
 

Plusieurs facteurs expliquent cette tension sur le marché. Les coûts de transport, l’alimentation du bétail et les contraintes liées aux circuits de distribution pèsent sur les prix finaux. À cela s’ajoutent les perturbations logistiques causées par la situation sécuritaire dans certaines zones rurales, qui compliquent l’approvisionnement régulier de la capitale.
 

La délocalisation des espaces de vente du bétail hors du centre urbain de Bamako a également modifié les dynamiques du marché. Les revendeurs doivent composer avec de nouvelles contraintes logistiques, ce qui influence les prix pratiqués.
 

Face à cette situation, les consommateurs expriment des difficultés croissantes à suivre la tendance des prix, alors que la tradition du sacrifice reste fortement ancrée. Entre adaptation économique et pression sociale, la fête de l’Aïd El-Adha s’annonce cette année sous le signe de la sobriété et de la solidarité dans les foyers bamakois.

Félix N'Guessan
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